Pour relancer l'économie, non pas sur une production "capitaliste" mais vers une production "sociétale",
nous vous proposons de diffuser le projet "EMS" (Entreprises à Mandat Sociétal)



Sortir la société de la crise !

L’Espace Complémentaire Sociétal


Philippe Derudder, André-Jacques Holbecq, les membres du GRESSO et de AISES

Lettre ouverte aux politiques et décideurs

La présente lettre est un résumé du projet d'Espace Complémentaire Sociétal.
Vous en trouverez une version développée sur:
http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=EMS
Il a été déposé en version papier dans les boites aux lettres des Sénateurs et des Députés ( plus de 900 au total), durant le mois de janvier 2007.... sans aucune réaction d'aucun de ceux-ci .



Madame, Monsieur,

Auteurs de plusieurs ouvrages de vulgarisation économique et monétaire, nous nous permettons de vous offrir le fruit de plusieurs années de travail et de réflexion. Nous espérons que vous vous approprierez tout ou partie de ce travail.

Vous le savez sans doute

Nous vivons une période exceptionnelle de l’histoire où l’Humanité est confrontée à des défis d’un niveau jamais atteint:
- La population terrestre est passée en 60 ans seulement de 2,5 milliards à 6,5 milliards. Un bond gigantesque par rapport aux centaines de milliers d'années qu'il a fallu pour atteindre la population des années 40
- Au cours de cette même période d'une soixantaine d'années, l'humanité a développé des technologies capables de modifier l'ensemble de notre écosystème.
Les sociétés humaines se sont organisées tout au long de l'histoire autour de deux postulats aujourd’hui erronés :
- ressources naturelles illimitées,
- rareté de l'argent.
Or de nos jours, une bonne part des ressources naturelles se révèle presque épuisée tandis que l'argent moderne, totalement dématérialisé et en grande partie issu du crédit, est devenu « illimité ».
Le système économique actuel plonge ses racines dans la genèse du capitalisme, c’est-à-dire dans la réalité humaine telle qu'elle se présentait au début du XIXème siècle. Sa logique et ses outils sont donc par nature impropres à répondre de façon adéquate aux défis actuels. Cela se traduit dans notre monde par les problèmes insolubles suivants :
- Les plus pauvres sont toujours plus nombreux et plus enfermés dans la misère que jamais. La précarité, la marginalisation et l’exclusion qui en résultent génèrent une fracture sociale grandissante qui favorise tous les excès et toutes les violences.
- La seule réponse actuelle des différents systèmes économiques réside dans une croissance forte ; mais les effets d’une telle croissance sont d’une part incompatibles avec les exigences écologiques auxquelles l'humanité est confrontée et d'autre part sans effet sur l'emploi du fait de l’amélioration constante de la productivité, qui est en soi un bien.
- Les modes de production et de vie des pays industrialisés ne sont pas transposables à l’ensemble de la planète.

Que faire pour sortir de ces impasses ?

Notre proposition consiste à introduire, au sein même de l’espace économique existant, un nouvel « Espace Complémentaire Sociétal » (ECS).
Sa vocation est l’obtention de ce que nous appelons « le bénéfice sociétal », c'est-à-dire tout ce qui favorise l'épanouissement de l'être humain au sein de la société. Par sa dynamique interne l'Espace Complémentaire Sociétal sera capable de résoudre « mécaniquement » un grand nombre de problèmes écologiques et humains que la logique capitaliste comptable ne sait pas traiter et amplifie même parfois.

Les moteurs de l’Espace Complémentaire Sociétal (ECS)

- Une monnaie libérée qui libère l'action
Comment le système ECS financera-t-il les investissements nécessaires et ses acteurs ?
Ce ne sera ni par l'impôt, ni par l'emprunt, mais par utilisation d'une monnaie sociétale complémentaire à l'euro, émise par l'État à hauteur des besoins déterminés par les projets décidés ; Monnaie gratuite (elle ne peut produire d’intérêts) elle serait permanente (ce n’est pas une monnaie de crédit), électronique et nominative. Elle serait également non convertible en devises étrangères mais a cours forcé (toute personne, physique ou morale, sur le territoire national, devra accepter en paiement cette unité de compte sociétale dont la valeur faciale serait équivalente à l'euro).
Précisons qu'au départ, la masse monétaire en monnaie sociétale à mettre en circulation sera déterminée par l’estimation des besoins que révèleront les enquêtes nationales, régionales et communales préalables, en tenant compte des effets produits sur le bien être des citoyens dans un cadre écologique et non des effets produits sur la simple « consommation ».

Afin de garantir cette monnaie sociétale, l’État, par le biais du Trésor Public, émettra des bons du Trésor spéciaux en unités sociétales, sans intérêt ni échéance, qu’il cèdera à la Banque de France. Cette dernière ouvrira un compte en monnaie sociétale du même montant, à partir duquel les banques privées pourront s’approvisionner selon les besoins dont elles auront connaissance, grâce aux prévisions qui leur auront été données, tant en capital qu’en exploitation par les entreprises à finalités sociétales engagées dans la réalisation des différents projets sociétaux.
Par la suite, c'est l'équilibre entre la masse monétaire et la valeur de la richesse réelle créée par l'activité sociétale qui déterminera s'il est nécessaire d'injecter plus de monnaie ou d'en retirer.
Ainsi, cette monnaie permettra la réalisation de tout ce qui participe au bien être et au bonheur des individus mais qui ne peut ni être proposé par les entreprises commerciales faute de rentabilité, ni financé par l'État qui ne peut plus augmenter les prélèvements ni s’endetter plus lourdement.
- Une reconnaissance de l'activité sociétale
Le champ d'activités qu'ouvre la création de cet espace complémentaire est immense (services à la personne et à l'environnement notamment). L'expression des besoins que révèlera l'enquête nationale suscitera sans nul doute des vocations chez beaucoup de personnes qui aujourd’hui cherchent un travail à reculons, ne se reconnaissant pas dans la logique du système actuel ; sans parler de celles qui ont déjà un projet sociétal mais qu’elles ne peuvent mettre en œuvre faute d'être « rentable »! Ainsi pourra-t-on recréer rapidement un contexte de plein emploi grâce auquel les personnes actuellement marginalisées retrouveront une place à part entière dans la société, du pouvoir d'achat et un sens à leur vie par la nature même de leur activité.


L’idée directrice est de créer à l'intérieur de cet espace économique nouveau et complémentaire des conditions de vie qui assurent à ses acteurs un haut niveau de sécurité afin qu'ils puissent utiliser leur énergie, leurs talents et leur créativité à leur mission sociétale au lieu de les inféoder à la nécessité de « gagner sa vie » à n’importe quel prix.

L'exemple français (une autre révolution)

Précisons encore un point d’une grande importance. Le projet dont nous parlons ici est conçu pour une mise en œuvre en France: le porter au niveau européen dès à présent risquerait de le voir s’embourber à jamais.
Nous misons sur la valeur d’exemple qu’une réalisation de ce genre, dans notre pays, pourrait avoir sur le reste du monde. Ne voyez donc à aucun moment le désir de nous replier frileusement derrière nos frontières.
Ce projet ne vise pas à créer un décalage par rapport aux autres pays de l’Union européenne et du monde pour en tirer un avantage concurrentiel quelconque. Ce projet à pour vocation de stimuler l’engagement des autres nations, à commencer par celles qui composent l’Union européenne, dans la voie ainsi tracée. Ainsi, les plus démunis pourraient non seulement sortir de leur dépendance et atteindre la suffisance, mais encore l’ensemble des nations pourraient enfin coopérer pour une gestion équitable et pérenne des richesses de la planète.
Nous aimerions conclure la présentation très succincte de ce projet par une citation de George Bernard Shaw: « Dans la vie il y a deux catégories d'individus : ceux qui regardent le monde tel qu'il est et se demandent pourquoi, et ceux qui imaginent le monde tel qu'il devrait être et se disent pourquoi pas? »
Puissiez-vous faire partie de ces derniers et réaliser que l’avenir de l’Humanité n’est freiné ni par ses connaissances ni par ses moyens, qui sont amplement suffisants, mais par une barrière imaginaire : l’accès à l’argent. Par votre action auprès des élus et décideurs vous avez aujourd’hui la possibilité de lever cette barrière
Avec nos respectueuses salutations.




Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq
Les membres du GRESSO et de AISES.

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Adresse courrier: Associations AISES et ACS - 220, rue de la croix – 46000 CAHORS.
Courriel : ems@societal.org

Philippe Derudder
La renaissance du plein emploi ou la forêt derrière l’arbre (Ed. Guy Trédaniel )
Les aventuriers de l’abondance (Ed. Y Michel)
Rendre la création monétaire à la société civile (Ed. Yves Michel)

André-Jacques Holbecq
Un regard citoyen sur l’économie (Ed. Yves Michel)
Une alternative de société : l’écosociétalisme (Ed. Yves Michel) - préface de Patrick Viveret

Des deux auteurs ensemble:
Les 10 plus gros mensonges sur l'économie (Ed. Dangles )
La dette publique, une affaire rentable (Ed. Yves Michel)