Pour commencer, une présentation basique en vidéo (15') ou sous power point et sa retranscription en word




Niveau 1

1 - Extrait d'un dépliant de la Banque de France" La monnaie et nous"

2 - Extrait d'un document de la FED de Chicago (traduction "à la volée").

3 - Extrait du livre de David Millet - Chapitre 2 - Les banques et la monnaie


1 - Extrait d'un dépliant de la Banque de France "La monnaie et nous"

Téléchargeable sur

Ces jours-ci (en 2009, donc), la Banque de France distribue dans les lycées un petit dépliant intitulé « La monnaie et nous ».
On peut donc lire aujourd’hui encore (comme c’est le cas depuis des dizaines d’années) sous la plume de la Banque centrale de la France :

"La création monétaire"
La masse monétaire est composée de l’ensemble des billets, des comptes de dépôt et de tous les placements que l’on peut facilement transformer en argent liquide comme les livrets d’épargne, les comptes à terme ou les OPCVM monétaires. Par définition, on exclut de la masse monétaire les placements à long terme (plans d’épargne logement, placements en obligations) et les placements risqués actions).
(…)
Cette masse monétaire n’est pas figée, et elle n’est pas liée à une base physique de métal précieux. Elle évolue avec les besoins et les résultats de l’activité économique, et cela grâce aux banques. Si l’on ne faisait qu’échanger des pièces, des billets et des dépôts inscrits sur des comptes, il n’y aurait pas de variation de la masse monétaire. Mais ce n’est pas ce qui se passe en réalité.

Prenons le cas d’une entreprise : pour fonctionner, elle a souvent besoin d’argent frais. Car il lui faut du temps pour fabriquer ses produits, les vendre et être payée. Et en attendant, elle doit payer ses fournisseurs, acheter du matériel et rémunérer ses salariés.
Elle s’adresse donc à sa banque, qui va pouvoir lui accorder un crédit, moyennant intérêt bien entendu. La banque inscrit le montant du crédit au compte de l’entreprise : la banque a créé de la monnaie.

C’est ainsi que la banque augmente par le crédit le montant des dépôts et crée de la monnaie. De son côté, l’entrepreneur s’engage à rembourser le crédit et les intérêts correspondants, grâce aux profits qu’il compte retirer de son activité.

L’entrepreneur a maintenant les moyens de produire, puis de vendre sa production. Il peut alors rembourser son banquier, et ses recettes lui permettent de payer les intérêts de son emprunt, qui sont la rémunération de la banque. Quand elle a reçu le remboursement, la banque annule le crédit accordé et la quantité de monnaie diminue.

Au total, la masse monétaire ne cesse de varier au rythme des créations et des destructions continuelles de monnaie. »

Source : Banque de France, « La monnaie et nous », 2009.




2 - Extrait d'un document de la FED de Chicago (traduction "à la volée"),

téléchargeable en anglais sur

Qui crée la monnaie?

Les variations dans la quantité de monnaie peuvent provenir des actions de la Réserve fédérale (la banque centrale), des institutions de dépôt (principalement les banques commerciales), ou du public. Le contrôle majeur, toutefois, incombe à la banque centrale.

Le processus de création de monnaie a lieu principalement dans les banques. Comme indiqué précédemment, les passifs vérifiables des banques sont de la monnaie. Ces passifs sont les comptes des clients. Ils augmentent lorsque les clients déposent des espèces et des chèques et lorsque le montant des prêts accordés par les banques sont portés au crédit des comptes des emprunteurs.

En l'absence de réserves obligatoires, les banques peuvent augmenter les dépôts en augmentant les prêts et les investissements tant qu'elles gardent suffisamment d’espèces de façon à satisfaire le montant que les détenteurs de dépôts veulent convertir en espèces. Cet attribut unique de l'activité bancaire a été découvert il y a bien des siècles.

Il a commencé par des orfèvres. Comme banquiers avant l’heure, ils ont d'abord fourni des services de garde, faisant leur bénéfice des frais d'entreposage de l'or et des pièces déposées chez eux. Les gens pouvaient céder leur "reçu de dépôt " à chaque fois qu’ils avaient besoin d'or ou de pièces de monnaie pour acheter quelque chose, et physiquement transférer l'or ou des pièces au vendeur, qui, à son tour, les déposera en lieu sûr, souvent chez le même banquier. Tout le monde a vite constaté que c'était beaucoup plus facile d’utiliser tout simplement le reçu de dépôt directement comme un moyen de paiement. Ces reçus, qui sont devenus connus sous le nom de billets, étaient acceptés en tant que monnaie car la personne qui les détenaient pouvaient aller chez le banquier et les échanger pour de la monnaie métallique.

Ensuite, les banquiers ont découvert qu'ils pouvaient faire des prêts uniquement en donnant leurs promesses de payer, ou billets de banque, aux emprunteurs. De cette façon, les banques ont commencé à créer de l'argent. Plus de billets pouvaient être délivrés que l'or et des pièces disponibles, car seule une partie des billets en circulation serait présenté pour paiement au même moment. Évidemment, suffisamment de monnaie métallique devait être disponible, pour rembourser les billets présentés pour paiement.

Les dépôts à vue transférables sont la contrepartie moderne des billets de banque. Il n’y eut besoin que d’un petit pas de l'impression des billets à l’établissement de livres comptables créditant des dépôts des emprunteurs, emprunteurs qui, à leur tour, pourraient «passer» par écrit des chèques, "imprimant" ainsi leur propre monnaie.


Quelles sont les limites du montant de monnaie que les banques peuvent créer?

Si le dépôt de monnaie peut être créé si facilement, qu’est ce qui empêche les banques d’en faire trop - plus que le montant suffisant pour maintenir la productivité des ressources de la nation pleinement employés sans inflation des prix? Comme son prédécesseur, la banque moderne doit avoir à disposition, pour en effectuer le paiement sur demande, un montant considérable d’espèces et des fonds en dépôt auprès de la banque centrale. La banque doit être prête à convertir de la monnaie en dépôt en espèces pour les déposants qui demandent des espèces. Elle doit faire des versements sur les chèques de ses déposants présentés pour paiement par d'autres banques (régler les soldes de compensation). Enfin, elle doit maintenir les réserves légalement requises, en forme de réserve en espèces et / ou de soldes à sa Banque Fédérale de Réserve, égal à un pourcentage de ses dépôts.
La demande d’espèce par le public est très variable, mais généralement, suit un modèle saisonnier qui est tout à fait prévisible. Les effets de ces variations dans le montant des espèces détenues par le public sur les fonds de la banque sont généralement compensés par la banque centrale, qui remplace les réserves absorbée par les retraits d’espèces. (la méthode sera expliqué plus tard.) Pour toutes les banques prises dans leur ensemble, il n'y a pas de soldes après compensations. Un chèque tiré sur une banque est normalement déposées au crédit d'un autre compte, si ce n'est dans la même banque, alors dans une autre banque.

Ces besoins d'exploitation influencent le montant minimal des réserves qu'une banque isolée (individuelle) tiendra volontairement.. Toutefois, tant que ce montant minimum est inférieur à ce qui est légalement requis, les besoins de l'exploitation sont de relativement peu d'importance comme limite sur l’expansion du total des dépôts dans le système bancaire. Cette expansion ne peut pas continuer au-delà du point où le montant total des réserves détenues par toutes les banques est juste suffisante pour satisfaire les exigences légales dans le cadre de notre système de "réserve fractionnaire". Par exemple, si des réserves de 20 % étaient requises, les dépôts ne pourraient se développer que jusqu'à ce qu'ils soient cinq fois plus importants que les réserves. Des réserves de 10 millions de dollars pourraient permettre des dépôts de 50 millions de dollars. Au plus le pourcentage est faible, au plus grande est l’expansion du dépôt qui peut être pris en charge par chaque dollar supplémentaire de réserve. Ainsi, le ratio de la réserve légale ainsi que le montant en dollars des réserves des banques sont les facteurs qui déterminent la limite supérieure de la création de monnaie.


How Much Can Deposits Expand in the Banking System?
The total amount of expansion that can take place is illustrated on page 11 (ci dessous). Carried through to theoretical limits, the initial $10,000 of reserves distributed within the banking system gives rise to an expansion of $90,000 in bank credit (loans and investments) and supports a total of $100,000 in new deposits under a 10 percent reserve requirement. The deposit expansion factor for a given amount of new reserves is thus the reciprocal of the required reserve percentage (1/.10 = 10). Loan expansion will be less by the amount of the initial injection. The multiple expansion is possible because the banks as a group are like one large bank in which checks drawn against borrowers’ deposits result in credits to accounts of other depositors, with no net change in the total reserves.




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3 - Extrait du livre de David Millet

« Pensées et éclaircissements concernant la politique et l’économie politique »
//http://manuscritdepot.com/livres-gratuits/pdf-livres/n.david-millet.1.pdf//
Chapitre 2 - Les banques et la monnaie
ISBN 2-89612-157-9
Ed « Fondation littéraire Fleur de Lys » (www.manuscritdepot.com)




HISTORIQUEMENT


A partir du XIVème siècle apparurent les lettres obligatoires ou lettres de changes. Il s’agissait de documents portant reconnaissance de dette, liant un créancier à un débiteur solidairement, et enjoignant ce dernier à payer la somme convenue à une date déterminée, à son créancier ou à un autre bénéficiaire. L’ensemble des paiements, qui souvent avaient lieu à la clôture des foires, se dénouait selon un vaste système d’échange de lettres, engendrant une compensation générale, c’est-à- dire annulant les différentes lettres de changes dès lors qu’elles engageaient les mêmes personnes alternativement comme débiteurs et comme créanciers, de manière à ce que seul le solde des transactions resta dû.


Ces titres de créance furent à l’origine d’un nouveau métier d’intermédiaires, rempli par des gens capables de recueillir les lettres de change, d’évaluer leur valeur d’après la solvabilité des débiteurs, et d’en effectuer prématurément le remboursement, moyennant un intérêt sur celles-ci, le remboursement final ayant lieu à leur profit. Par ce rôle d’intermédiation apparurent les premiers banquiers, et la généralisation du système des lettres de change inspira les débuts de l’usage du papier comme moyen de paiement.


Le pas décisif fût franchi au début du XVIIème siècle, à l’époque où certaines banques commerciales innovèrent dans l’utilisation des documents en papier, dont elles se servirent afin d’établir des certificats de dépôts remboursables au porteur.


Le mécanisme subtil que les banquiers imaginèrent était le suivant: comme les banques glanaient en dépôts des monnaies métalliques, il devait être possible d’émettre en retour des certificats anonymes ayant une valeur monétaire, c’est-à-dire des documents en papier pouvant servir de moyen de paiement, s’ils autorisaient celui qui les possédait à obtenir par leur simple présentation à la banque, un remboursement en monnaie d’or ou d’argent. Ces documents constituèrent les premiers billets de banque.


La nature du billet de banque, donc, émis par un établissement privé, était de permettre à son détenteur d’exiger, par sa seule présentation à la caisse, son échange en monnaie métallique.


La relation entre le porteur du billet et la banque s’instaurait donc sur la base d’un sentiment de confiance, le système des billets de banque ne reposant finalement que sur la conviction de ses détenteurs en la capacité de remboursement de l’institut d’émission, c’est-à-dire de la banque. Pour cette raison, on nomme encore aujourd’hui les billets de banque monnaie fiduciaire. Les banquiers s’aperçurent alors très vite que cette scission de la monnaie en deux monnaies distinctes, une monnaie de papier, c’est-à-dire les billets, et une monnaie métallique, l’or ou l’argent, pouvait assurer leur fortune.


En observant le comportement et en s’attardant sur la psychologie de leurs clients, ils découvrirent que la plupart d’entre eux adoptaient des habitudes particulières, et notamment qu’ils ne venaient pas tous en même temps exiger le remboursement de leurs billets contre de la monnaie métallique, certains préférant la détention des billets à celle du métal. Ils leur restaient donc toujours une encaisse de monnaie précieuse.


Alors, pour exploiter cette situation, l’idée germa dans leurs esprits qu’il devait être possible d’émettre une quantité de billets pour une valeur qui outrepassait celle des dépôts qu’ils détenaient réellement dans leurs coffres.


Par ce moyen, ils se trouvaient dans une situation exceptionnelle pour satisfaire leurs ambitions: les dépôts qu’on leur livrait leur servaient en quelque sorte pour créer frauduleusement de la monnaie.
Pour illustrer cette logique, disons qu’un dépôt de 1000 florins d’argent offrait l’occasion d’émettre des billets, par exemple, pour une somme totale portant à un remboursement de 1500 florins, ce qui permettait de créer pour 500 florins de billets, que l’on pouvait par exemple céder à des emprunteurs, qui devaient ensuite les rembourser intégralement avec intérêt.


Mais leur position de banquiers n’était pourtant viable, qu’autant que les détenteurs de billets ne s’efforçaient pas tous en même temps d’obtenir un remboursement en monnaie métallique, ce qui aurait mis la banque en cessation de paiement et provoqué sa faillite.


Ce système d’émission des billets de banque s’apparentait donc à un mécanisme de création monétaire, puisque la part de la monnaie circulante augmentait à chaque fois qu’un nouveau billet de banque était émis au-delà de la part de monnaie métallique existant réellement dans les coffres de la banque. Le procédé étant assujetti à l’existence de deux monnaies: une monnaie métallique, et une monnaie de papier. Pour cette raison, je nommerai ce procédé de création monétaire, le mécanisme des deux monnaies.


Ainsi, l’essence du mécanisme des deux monnaies réside dans le fait que la création de deux moyens de paiement convertibles par une banque, induit un comportement chez ses clients, qui consiste par commodité, à préférer la détention de l’une des deux monnaies par rapport à l’autre, ce qui offre l’opportunité, dans un deuxième temps, d’émettre un excédent de cette monnaie.


[…]


Le vieux mécanisme des deux monnaies, connu et utilisé depuis plusieurs siècles par les banquiers, fut le procédé qui permit d’assurer les importants besoins en monnaie de l’économie. L’augmentation progressive du seuil d’investissement des firmes, après 1850, entraîna le développement d’un système bancaire très organisé en Europe. Depuis lors, grâce à leur capacité de crédit basée sur leur pouvoir de création monétaire ex-nihilo, c’est-à-dire à partir de rien, les banques sont devenues un rouage essentiel de l’économie capitaliste.




LA CRÉATION MONÉTAIRE À L’ÉPOQUE CONTEMPORAINE.


Le début du XXème siècle fut une période de profonds changements, durant laquelle se produisit la disparition de la monnaie métallique précieuse. La raison en était simple: les stocks d’or qui existaient menaçaient d’être en quantité insuffisante pour assurer les besoins d’émission des billets de banque.
La convertibilité des billets fût suspendue pendant les guerres, en raison de la nécessité d’augmenter la masse monétaire pour financer le déficit de l’État.
Par la suite, la grande dépression de 1929 consacra en Europe la fin de toute référence monétaire à un métal.
Après la seconde guerre mondiale, seul le dollar demeurait encore défini par une masse d’or fin, et il demeurait alors la seule monnaie convertible, bien que toutefois d’une manière très limitée, puisqu’en faveur des seules banques centrales étrangères. Cependant, après 1960, les avoirs en dollars des banques centrales étrangères n’étaient plus couverts par les stocks d’or des États-Unis, et en 1971 enfin, le dollar fut dévalué et perdit toute référence avec l’or, qui fût démonétisé.


Ainsi, à la fin du XXème siècle, les billets de banque n’existent plus à proprement parler, en ce sens que les billets qui circulent sont inconvertibles en or.
De nos jours, pour assurer leur rôle dans le crédit, les banques créent de la monnaie comme par le passé, en utilisant l’ancien mécanisme que j’ai décrit plus haut, mais en remédiant à la disparition de la monnaie métallique précieuse grâce à une nouvelle monnaie, la monnaie scripturale.


La création monétaire à l’époque contemporaine, donc, se réalise toujours sur la base de deux monnaies distinctes: la monnaie fiduciaire d’une part, qui est constituée par les pièces et les billets, et la monnaie scripturale d’autre part, une nouvelle monnaie qui est constituée par les écritures dans les comptes des banques.


La monnaie scripturale est une monnaie d’écriture, qui correspond aux sommes inscrites sur les comptes bancaires, et qui consiste en une reconnaissance de dette de la part du banquier envers son client.


Lorsqu’un client de la banque détient une somme de 10000 euros sur son compte bancaire, il détient en réalité 10000 euros de monnaie scripturale, c’est-à-dire que la banque reconnaît devoir lui fournir sur sa simple demande la somme de 10000 euros; il ne détient en aucun cas 10000 euros de pièces et de billets.


Ceci étant, et contrairement aux idées fausses qui règnent dans tous les esprits, la banque ne dispose pas, elle non plus, des 10000 euros en billets de banque.


La monnaie scripturale est alors un moyen de paiement qui peut circuler d’un compte à un autre. Le client de la banque pourra ainsi régler l’un de ses créanciers en lui délivrant un chèque de 10000 euros. En ce cas, il ne disposera plus d’aucune somme sur son compte, c’est-à-dire que la banque ne lui sera plus redevable d’aucune dette. En revanche, il y aura eu un transfert de dette, c’est-à-dire que la banque sera endettée envers le créancier de son client.


Si par exemple celui-ci dispose d’un compte chez elle, il pourra le créditer avec son chèque de 10000 euros, en le versant sur son compte, et finalement, la créance contre la banque n’aura fait que changer de mains. La monnaie scripturale représentant la dette de la banque envers ses clients, il est manifeste qu’elle remplie exactement le même rôle que celui que jouaient les billets de banque au XVIIème siècle.


Dans toutes ces transactions, la monnaie fiduciaire, c’est-à-dire les pièces et les billets, n’apparait pas, et il est possible que seul l’usage des chèques, des cartes de crédits et des ordres de virement soit mis en œuvre pour modifier les écritures en compte. Il existe donc bien deux monnaies distinctes.


La création monétaire repose, comme par le passé, sur le comportement collectif des clients de la banque, qui vont préférer la détention de l’une des deux monnaies par rapport à l’autre. En l’occurrence, la multitude fût vivement pressée de s’accoutumer du libre usage des comptes bancaires, sous l’influence de maintes lois et obligations, et de préférer détenir des sommes inscrites sur ces comptes plutôt que d’avoir à les conserver chez elle sous la forme d’une somme équivalente en pièces et en billets.


Je vais maintenant formaliser mieux le principe des banquiers du XVIIème siècle. Supposons que le peuple ait acquis des habitudes de comportement durables, et qu’en conséquence, la masse monétaire soit par exemple constituée pour 15% de pièces et de billets, et pour les 85% restant, de monnaie scripturale. Cette stabilité dans le comportement collectif astreint toute nouvelle quantité de monnaie insérée dans l’économie à se métamorphoser rapidement, afin de respecter la structure de la masse monétaire, de telle façon qu’elle se convertisse pour 15% en pièces et en billets, et pour 85% en monnaie scripturale.


Imaginons que dans ces conditions, une banque, qui dispose d’une somme de 50000 euros en billets de banque, utilise cette somme pour accorder un prêt à l’un de ses clients. Par commodité, nous allons tout d’abord raisonner en imaginant qu’il n’existe qu’une seule banque gérant la totalité des dépôts du public.
Si l’on considère que cette banque octroie les 50000 euros à son client sous forme de billets, la somme prêtée ne tardera pas à se scinder pour respecter l’équilibre imposé par la structure de la masse monétaire, c’est-à-dire qu’elle demeurera sous la forme de billets de banque pour seulement 15% de sa valeur, alors que les 85% restant se transformeront pour se convertir en monnaie scripturale. Il y aura donc une somme de 50000 x 0,85 = 42500 euros qui retournera à la banque, sous la forme de nouveaux dépôts.
La banque pourra alors à nouveau prêter ces 42500 euros, qui, en se transformant selon la même logique, reflueront une nouvelle fois vers la banque, dans la proportion de 85%, c’est-à-dire pour un montant de 42500 x 0,85 = 36125 euros.
La banque pourra alors à nouveau prêter ces 36125 euros, et ainsi de suite. A partir d’une somme de 50000 euros en billets, la quantité totale C des crédits accordés par la banque pourra être finalement de:


C= 50000 + 42500 + 36125 + ….
C = 50000 x 1 / (1-0,85)
C = 333333,33


A chaque fois que la banque concédera un nouveau prêt, une partie de la somme prêtée retournera systématiquement dans ses coffres, sous la forme de nouveaux dépôts. Par la vertu de ce mécanisme, en se servant de l’aveuglement des hommes, la banque prêtera ainsi plusieurs fois la même somme d’argent, c’est-à-dire qu’elle aura créé 333333 – 50000 = 283333 euros.


Ce raisonnement est aussi à l’origine du célèbre adage des banquiers selon lequel les crédits font les dépôts, et non l’inverse. Les clients de la banque, en ayant une prédilection pour la monnaie scripturale, agissent donc exactement de la même manière que les porteurs de billets du XVIIème siècle, qui n’allaient pas tous en même temps exiger le remboursement en or de leurs billets.


Tout se passe comme si, à l’époque moderne, les billets du XVIIème siècle avaient été remplacés par la monnaie scripturale, et l’or, par les billets de banque modernes inconvertibles, le mécanisme de création monétaire demeurant le même.


Il est inutile, pour la banque, d’effectuer les calculs successifs que nous avons faits précédemment. Ils ne sont utiles que pour mettre en évidence les opérations de création monétaire et la bonne intelligence du fonctionnement de la banque. Il est évidemment possible de les simplifier.


En pratique, la connaissance de la structure de la masse monétaire indique immédiatement, pour reprendre notre exemple, que lorsque la banque accordera un prêt, elle ne devra disposer, sous forme de billets de banque, que de 15% de la somme octroyée réellement.


Ainsi, un prêt de 100000 euros sera supportable dès lors que la banque disposera dans ses coffres de seulement 15000 euros.
Inversement, une somme en billets détenue par la banque représentera 15% du montant des prêts qu’elle peut accorder. De ce fait, 50000 euros en billets permettront d’octroyer jusqu’à: euros de prêts, comme nous l’avons vu précédemment.


Ainsi, alors qu’autrefois il était possible d’émettre des billets pour une somme plus considérable que celle totalisée par la monnaie métallique contenue dans les coffres de la banque, aujourd’hui, il est possible de créditer des comptes par une simple écriture, sans que la contrepartie en billets n’existe nulle part. Par une simple modification dans ses comptes, par exemple en tapant un nombre sur le clavier d’un ordinateur, un banquier peut ainsi créer de la monnaie pour la somme qu’il désire, à la seule condition de ne pas outrepasser la proportion cruciale entre les deux monnaies, les billets de banque et la monnaie scripturale.


De cette manière, ce qui demeurait secret et condamnable au XVIIème siècle est devenu légal juridiquement à l’époque moderne, bien que le peuple soit plongé dans l’ignorance complète de ce mécanisme de création monétaire.


Le seul frein qui bride le pouvoir de création monétaire de la banque réside dans la disposition du peuple à élire comme moyen de paiement les billets et les pièces plutôt que les moyens de paiement mis à la disposition du public par la banque, c’est-à-dire les chèques, les cartes de crédits, ou les ordres de virement, qui en eux même ne constituent pas de la monnaie, mais qui sont des instruments de transfert de la monnaie scripturale, et qui permettent à des écritures de se modifier d’un compte à l’autre.


Les billets sont émis par la banque centrale de chaque pays. A cet égard, ils jouent le rôle que remplissait l’or au XVIIème siècle, car les banques commerciales ne peuvent pas les fabriquer, ce qui les astreint à s’en procurer pour le montant minimum nécessaire à couvrir les retraits en monnaie fiduciaire de leurs clients.


De ce fait, à chaque fois qu’une banque consent un prêt, elle forge la quantité de monnaie sous forme de monnaie scripturale. Cela ne change rien par ailleurs à la logique de la création monétaire que j’ai exposée précédemment, les clients (ou leurs créanciers) prélevant eux-mêmes une partie de la somme allouée sous forme de billets, le solde demeurant virtuellement dans les mémoires informatiques de la banque.


Inversement, lorsque tel client qui a bénéficié d’un prêt procède à son remboursement, il s’ensuit une destruction monétaire, d’un montant égal à la somme remboursée à la banque. Ainsi, si le client qui s’était vu octroyer un prêt de 100000 euros s’en acquitte de 5000à la première échéance, il ne restera plus qu’une quantité monétaire de 95000 euros dans les écritures de la banque, c’est-à-dire que 5000 euros de monnaie scripturale auront été détruits (ce qui signifie simplement que les écritures de la banque se seront modifiées d’un chiffre de -5000).


Au terme de son emprunt, l’ensemble de la monnaie scripturale aura été détruite, et moyennant le bénéfice réalisé par la banque et correspondant à l’intérêt du prêt, le processus se refermera sur lui-même comme s’il n’avait jamais existé.


Enfin, ajoutons que s’il arrivait par malheur que tous les clients s’évertuent à vouloir retirer en même temps la totalité de leurs avoirs enregistrés sur leurs comptes bancaires, ou même seulement une grande partie de ceux-ci, la banque ne parviendrait plus à fournir les billets qui lui seraient demandés, et elle serait mise immédiatement en cessation de paiement, ce qui assurerait sa faillite


LE SYSTÈME BANCAIRE.


Bien que la population se livre sans cesse à des achats de peu de valeur, pour ses besoins habituels, avec des pièces et des billets, et qu’ainsi accoutumée à ce jeu, les esprits se persuadent que les pièces et les billets constituent la totalité de la monnaie, il est remarquable d’observer que les pièces et les billets n’interviennent quasiment pas dans l’économie; ils représentent en effet moins de 4% de la totalité de la monnaie en 1999. Il est clair que le rôle véritable de la monnaie fiduciaire, c’est-à-dire des pièces et des billets, est d’inspirer par l’expérience quotidienne des fausses vérités, afin de contenir le peuple dans l’ignorance de ce qu’est réellement la monnaie, pour conférer aux banques leur pouvoir de création monétaire.


Comme par ailleurs, chacun dans la population dispose d’un compte bancaire, et que les sommes qui y sont inscrites varient en proportion des retraits et des dépôts en monnaie fiduciaire que chacun réalise, le peuple est prompt à imaginer, par cette série d’analogies,
que la totalité des sommes mentionnées sur les comptes bancaires a une contrepartie en pièces et en billets dans les coffres des banques, ou alors, que celles- ci peuvent rapidement se procurer cette contrepartie.


De ce fait, bien qu’elle ne représente en réalité qu’une proportion très marginale de la monnaie, la véritable monnaie pour le peuple est constituée par le stock de pièces et de billets. Chacun imagine en conséquence que les banques ne sont que de simples intermédiaires recevant des dépôts en espèces et qu’elles sont dépourvues de toute fonction de création monétaire. Dans ces conditions, le peuple confie l’argent qu’il détient sous la forme de pièces et de billets à la banque, et utilise en retour les moyens de paiement qu’elle met à sa disposition, et qu’elle essaye à toute force d’imposer, ce qui permet à la banque d’entamer, sur la base de cette tromperie, son processus de création monétaire.


Mais revenons au fonctionnement du système bancaire. Dans la réalité, l’activité bancaire est assurée par plusieurs banques. La création monétaire dans le réseau s'accomplit d’une manière quasiment identique à celle qui s’opère dans l’hypothèse d’une banque unique.


Il est possible d’en éclairer la logique en raisonnant sur la base de deux banques qui couvriraient l’ensemble des dépôts du public.


Supposons que ces deux banques, que nous noterons A et B, soient de tailles inégales, de telle manière que la banque A gère les 3/4 des dépôts du public et que la banque B gère le 1/4 restant. Si l’on admet que 15% de la monnaie réside sous la forme de pièces et de billets, lorsque la banque A accordera un prêt de 100000 euros à l’un de ses clients, le crédit se métamorphosera rapidement en 100000 x 0,15 = 15000 euros de monnaie sous forme de pièces et de billets, et 85000 euros de dépôts répartis en: 85000 x (3/4) = 63750 euros revenant sous forme de chèques tirés au profit de la banque A, et 85000 x (1/4) = 21250 euros de chèques tirés au profit de la banque B.


De ce fait, le crédit est plus coûteux pour la banque A que dans l’hypothèse d’un crédit octroyé par une banque unique monopolisant tous les dépôts, parce que la banque A doit se procurer 21250 euros supplémentaires (en pièces et en billets, Nota AJH « ou monnaie centrale scripturale », seule monnaie acceptée par la banque B) pour payer les chèques tirés au profit de la banque B.


Toutefois, la banque A n’est pas la seule à exercer une activité de crédit, et la banque B en accorde elle aussi à ses clients. Supposons qu’en raison de leur inégale importance, les banques A et B accordent des crédits dans le public à raison des 3/4 du total pour la banque A, et du 1/4 restant pour la banque B. De ce fait, la part des crédits qu’elles distribuent est proportionnelle à la part des dépôts qu’elles gèrent.

La banque A ayant accordé des crédits pour 100000 euros à ses clients, la banque B devrait en accorder pour sa part à hauteur de 100000/3 = 33333 euros aux siens, c’est-à-dire pour 1/4 du total des crédits accordés par les banques. Dans ce cas, les crédits de la banque B se métamorphoseront en: 33333 x 0,15 = 5000 euros de monnaie sous forme de pièces et de billets, et 28333 euros de dépôts répartis en: 28333 x (3/4) = 21250 euros de chèques tirés au profit de la banque A, et 28333 x (1/4) = 7083 euros revenant sous forme de chèques à la banque B.


On peut remarquer que la banque A, qui devait à l’origine s’acquitter de 21250 euros à la banque B, en retour, est créancière contre la banque B, après qu’elle ait octroyé des crédits à ses clients, de la même somme, dont elle lui est redevable en billets de banque, seule monnaie acceptée par la banque A. Les dettes croisées sont réglées entre les banques selon un principe de compensation: en pratique, ces dettes équivalentes sont annulées et aucun transfert de monnaie fiduciaire n’a lieu entre les banques A et B.


Finalement, la quantité de monnaie créée par les banques, c’est-à-dire les 133333 euros de crédits accordés, augmenterons la masse monétaire pour se répartir en: 133333 x 0,15 = 20000 euros de monnaie sous forme de billets de banque et de pièces, 113333 x (3/4) = 85000 euros de dépôts gérés par la banque A, et 113333 x (1/4) = 28333 euros de dépôts gérés par la banque B.


De ce fait, si les banques honorent la même proportion entre les dépôts qu’elles gèrent et les crédits qu’elles accordent, chaque banque éprouvera la situation d’une banque unique monopolisant un marché de la taille de ses dépôts.
Dans notre exemple, la banque A ne doit veiller qu’à se nantir d’une somme de 15000 euros en pièces et en billets pour le prêt des 100000 euros qu’elle a accordé à son client, exactement comme dans le cas de l’hypothèse d’une banque unique.


Si l’une des deux banques rompt l’équilibre entre les crédits qu’elle accorde et les dépôts qu’elle gère, il subsistera alors un solde net après compensation entre les banques, que la banque qui a accordé les crédits supplémentaires devra payer. Dans ce cas, les nouveaux crédits qu’elle a octroyés lui procurent un revenu diminué de ce surcoût.


Il est possible de généraliser le modèle à deux banques à tout le système bancaire en général, car la logique et les calculs précédents demeurent inchangés par l’addition de banques supplémentaires.
On pourrait en effet imaginer un mécanisme de création monétaire basé sur la seule monnaie scripturale, qui apparaît dans les « conditions aux limites » du mécanisme des deux monnaies. Cela surviendrait, donc, dans des circonstances où le peuple se serait accoutumé à ne plus employer de monnaie fiduciaire, c’est-à-dire dans le cas où 100% de la masse monétaire serait constituée par de la monnaie scripturale.


Si la quantité de pièces et de billets quémandée par le peuple tendait à être nulle, et si la multitude n’utilisait plus que chèques, cartes bancaires et autres instruments de transfert de la monnaie scripturale, la quantité de monnaie scripturale que pourrait créer la banque tendrait vers l’infini. Il ne subsisterait plus qu’une seule monnaie, et la banque disposerait d’un pouvoir de création sans limites. (Nota AJH: il faut tenir compte néanmoins des réserves obligatoires - qui « bloquent » la possibilité de multiplier les crédits de la même manière que la demande de billets, puisque cette monnaie devient « centrale »- et dont le taux peut être augmenté par la Banque centrale)
Ce système est toutefois ardu à mettre en œuvre, au moins sur le plan politique, car le peuple aurait l’occasion de distinguer trop nettement dans ce cas que la monnaie est une émanation stricte des banques commerciales


LES BANQUES CENTRALES.


Au sein de chaque pays, les banques centrales ont le monopole de l’émission des billets de banque; c’est par exemple le cas de la Bundesbank en Allemagne, du Federal Reserve System aux États-Unis, ou de la Banque de France, en France. La monnaie émise par la banque centrale, ou monnaie centrale (par opposition aux monnaies scripturales des différentes banques) est la seule monnaie à être dotée du cours légal, c’est-à-dire qu’elle est la seule que la loi oblige à accepter en paiement.
La monnaie de la banque centrale est l’une des deux monnaies du couple nécessaire à la création monétaire: les billets de banque jouent ainsi le rôle de base qui autrefois était assuré par l’or. Dans une certaine mesure, la banque centrale est incontournable, de par son monopole d’émission des billets de banque, elle constitue un rouage d’étranglement du système bancaire.


Toutes les banques commerciales, pressées par la nécessité de se procurer des billets pour satisfaire aux demandes de leurs clients, et pour assurer le solde après compensation dont elles doivent s’acquitter auprès des autres banques, doivent tenir compte du volume de la monnaie fiduciaire, car en théorie, la banque centrale n’a aucune obligation, en retour, de leur fournir la monnaie centrale nécessaire à leurs besoins.


Il est manifeste que plus une banque accordera de crédits et plus elle se trouvera dans la nécessité de se procurer de la monnaie de la banque centrale. La banque centrale, en cela, est un instrument de régulation du crédit bancaire. Si la politique monétaire menée par la banque centrale a pour objet de favoriser le développement du crédit bancaire, la banque centrale mettra à la disposition des banques une quantité de monnaie fiduciaire plus importante. En revanche, si le but poursuivi par les autorités monétaires est de restreindre les crédits accordés par les banques, la banque centrale s’efforcera de limiter la quantité de monnaie centrale disponible.


Le pouvoir essentiel de la banque centrale à l’égard du système bancaire est ainsi d’influencer la quantité de monnaie créée par les banques.


L’abondance ou la rareté de monnaie centrale, donc, apparaît comme un instrument de régulation du crédit. Il me semble que l’on a cependant attribué trop d’importance à ce mécanisme, le rôle de la banque centrale est insuffisant seul, face aux banques commerciales, pour gouverner la création monétaire. Prétendre que la banque centrale peut imposer son joug aux banques commerciales est démesuré; l’économie exerce une hégémonie plus grande encore; aucune banque centrale ne pourrait endiguer l’accroissement des crédits octroyés par les banques par le seul assèchement des ressources en monnaie fiduciaire, à cause de la menace de les précipiter toutes dans la faillite, ce qui plongerait l’économie tout entière dans le chaos.


Il me semble plutôt que l’existence des banques centrales a pour objet d’égarer le jugement du public, par le fait qu’elles disposent du monopole d’émission des billets de banque.** Le peuple ne manque pas de confondre ce monopole avec le monopole de création de la monnaie en général, parce qu’il est convaincu que la seule monnaie qui existe est constituée par le stock de pièces et de billets.


Par ailleurs, comme la loi condamne lourdement les faux-monnayeurs, c’est-à-dire les falsificateurs de pièces et de billets, cela achève de conforter le peuple dans son assurance que la banque centrale est la seule banque à détenir le privilège de pouvoir créer de la monnaie, et qu’il serait inconcevable qu’un organisme privé puisse le faire. La banque centrale se substitue ainsi, dans la connaissance populaire, aux banques commerciales, qui disposent, elles, réellement, du privilège essentiel de pouvoir créer de la monnaie. Cette permutation dans l’esprit du peuple est certainement la raison de fond de l’existence des banques centrales, devant leur rôle dans la régulation du crédit; car la croyance erronée du peuple confère la stabilité au système bancaire et autorise le fonctionnement du mécanisme des deux monnaies.


En pratique, les mécanismes par lesquels les banques centrales déterminent la rareté ou l’abondance de monnaie centrale sont très divers et varient selon les pays. Aux États-Unis, les banques se procurent les liquidités dont elles ont besoin sur le marché monétaire. Il s’agit d’un marché ouvert largement à tous les agents économiques, où s’échangent des titres de la dette publique des États-Unis contre des liquidités. Les banques de la réserve fédérale peuvent intervenir sur le marché en vendant ces titres, ce qui entraîne la raréfaction de la monnaie centrale, qui afflue alors comme produit de la vente à la réserve fédérale. La diminution de la quantité de monnaie centrale engendre alors la diminution du prix des titres, c’est-à-dire une hausse des taux d’intérêt du marché, aggravant les conditions dans lesquelles les banques doivent se procurer des liquidités. Inversement, l’achat de titres par les banques de la réserve fédérale conduit à une abondance de monnaie centrale sur le marché, qui provoque des effets contraires à ceux que j’ai exposés.


En France, toutes les banques possèdent un compte à la Banque de France. Toutes les dettes interbancaires sont réglées quotidiennement sur ces comptes.
Ainsi, lorsqu’entre deux banques commerciales subsiste après compensation un solde que l’une doit régler à l’autre, il se fait par débit du compte que cette banque possède à la Banque de France vers le compte de l’autre, qui est crédité d’autant. Pour assurer ce transfert, la banque débitrice peut contracter un prêt obtenu sur le marché interbancaire, c’est-à-dire consenti par une banque dont le compte est en position excédentaire après compensation. Par ailleurs, la Banque de France peut fournir directement de la monnaie centrale aux banques, en dehors des opérations sur le marché monétaire, par des appels d’offre et par les pensions de 5 à 10 jours. La fourniture de la monnaie centrale se fait alors par la prise en pension de titre de créance appartenant aux banques, c’est-à-dire que la Banque de France fournie de la monnaie centrale en achetant des titres du portefeuille des banques, que ces dernières s’engagent toutefois à racheter quelques jours plus tard en restituant la monnaie centrale, augmentée de l’intérêt correspondant aux taux exigés par la Banque de France.


Quelque diverses que soient ces opérations, elles tendent toutes vers le même but: augmenter ou diminuer à discrétion le coût du crédit pour les banques.
D’un point de vue théorique, pour accorder un prêt, une banque devra payer un intérêt pour obtenir de la monnaie centrale. A l’échéance, le bénéfice d’un prêt accordé par la banque sera constitué par l’intérêt payé par le client en contrepartie de son emprunt. Ce bénéfice sera diminué d’autant, auquel il faudra encore retirer les différents frais de fonctionnement de la banque et les charges fiscales. L’effet escompté est que tout renchérissement du coût de la monnaie centrale pourra obliger la banque à répercuter ces frais supplémentaires sur les crédits accordés à ses clients, par une augmentation du taux d’intérêt de ses crédits. Les conditions d’emprunt seront moins avantageuses, ce qui aura tendance à décourager les emprunteurs, et finalement, à diminuer la quantité de monnaie créée par la banque.
Inversement, une baisse des taux de la banque centrale pourrait permettre à la banque de baisser le taux d’intérêt de ses crédits, ce qui faciliterait l’accès au crédit du public et augmenterait la quantité de monnaie créée par la banque.