Qu'est ce que la monnaie ?
Définir la monnaie n'a pas fini de faire couler beaucoup d'encre... nous vous copions ici quelques idées et définitions "en vrac"
et ici, l'image d'un milliard, en coupures de 100 (n'oublions pas que le montant des pièces et billets, en euros, est de plus de 700 milliards)


pallet_x_10.jpg



Définitions de notre groupe "monnaie" lié à ce wiki

La monnaie est un outil de mesure et un moyen de paiement dont l'étalonnage et l'acceptation découlent d'un consensus au sein d'une communauté, fondé sur la confiance qu'accorde cette communauté à l'autorité qui émet la monnaie, pour la faire accepter par tous et pour maintenir son pouvoir d'achat dans le temps

La monnaie, c'est capital !
Mais la monnaie n'est qu'un symbole, un symbole de valeur. Un symbole est un signe qui représente un concept, en l 'occurrence celui d'une valeur. Des coquillages, l'or, les billets de banques, puis les montants inscrits en comptes courants dans les banques ont successivement été parmi ou sont aujourd'hui des signes monétaires. Un symbole n'existe que dans la mesure ou il existe une société qui comprend ce signe et en fait usage.
La valeur est "le prix selon lequel un objet peut être échangé" (Le petit Larousse illustré- 2006). L'attribution d'une valeur est une opération subjective. Il faut que vendeur et acheteur arrivent à un accord sur une valeur d'échange pour que l'échange puisse se faire. Les sociétés parviennent à établir des valeurs moyennes communément admises quoique généralement évolutives.
Dans le troc, un bien ou un service s'échange contre un bien ou un service estimé à la même valeur par les intervenants. Dans l'échange monétaire, un bien ou un service s'échange contre une quantité de monnaie signifiant la même valeur pour les intervenants.
La monnaie est un moyen d'échange entre biens et services reconnu par un ensemble de personnes, et permettant des échanges non nécessairement simultanés à l'intérieur de cet ensemble.

La monnaie est donc un ensemble de signes symboliques convenus au sein d'une société pour y représenter les valeurs d'échange. Il ne faut en aucun cas confondre les valeurs signifiées avec les symboles qui les signifient.
Ce pavillon, comme celui-ci, vaut 400 000 €. Nous pourrions préciser 400 000 €-valeur. Si je veux acheter l'un ou l'autre je dois, en échange, remettre 400 000 €-monnaie. Bien entendu ceux-ci valent également 400 000 €-valeur, mais uniquement par convention, car il ne s'agit que d'un symbole n'ayant aucune valeur en soi ( que l'on utilise des billets ou un compte courant).
Si la monnaie est bien un symbole de valeur, d'où vient ce symbole et comment fonctionne-t-il ?
Il vient, sous diverses formes, du fond des âges. Il ne fonctionne que par la confiance - justifiée ou non - que lui accorde ceux qui s'en servent. S'il s'installe un doute sur la capacité réelle d'une monnaie de telle valeur à représenter cette même valeur réelle, alors cette monnaie vacille.
Quel symbole aujourd'hui mériterait le mieux notre confiance ? Il semble que la réponse la plus appropriée soit l'engagement de la société elle-même a délivrer une valeur réelle équivalente à celle, symbolique, de la monnaie détenue. En pratique seule la société en tant que telle, c'est à dire en tant que collectivité politiquement pérenne et économiquement puissante, parait légitime pour émettre des signes monétaires suffisamment dignes de confiance.

La monnaie est une créance CIRCULANTE sur la collectivité qui permet à son détenteur DU MOMENT de s’approprier une fraction de la richesse nationale.




Que dit "wikipedia" ?

La monnaie est un instrument de paiement spécialisé accepté de façon générale par les membres d’une communauté en règlement d’un achat, d’une prestation ou d'une dette. Elle a trois fonctions principales :

  • la fonction d'intermédiaire dans les échanges,
  • la fonction d'expression des valeurs et d'unité pour le calcul économique et la comptabilité,
  • la fonction de réserve de valeur.

Certains auteurs considèrent que la capacité d’éteindre des dettes et des obligations, notamment fiscales, constitue une quatrième fonction appelée "pouvoir libératoire" de la monnaie.

Une monnaie se caractérise par la confiance qu’ont ses utilisateurs dans la persistance de sa valeur et de sa capacité à servir de moyen d'échange. Elle a donc des dimensions sociales, politiques, psychologiques, juridiques et économiques.

La monnaie a pris au cours de l'histoire les formes les plus diverses : bœuf, sel, nacre, ambre, métal, papier, etc. Après une très longue période où l'or et l'argent (et divers métaux) en ont été les supports privilégiés, la monnaie est aujourd'hui presque entièrement dématérialisée et circule majoritairement sous des formes scripturales ou électroniques.

Chaque monnaie est définie, sous le nom de devise, pour une zone monétaire donnée (le plus souvent un État). Elle y prend la forme de dépôts, de billets de banque et de pièces de monnaie, dites aussi monnaie divisionnaire. Les devises s'échangent entre elles dans le cadre du système monétaire international. De facto depuis 1973 où les parités des principales monnaies mondiales cessent d'être défendues et de jure après les accords de la Jamaïque en 1976, les devises ne sont plus étalonnées directement ou indirectement par un poids de métal précieux. Leurs valeurs relatives fluctuent sur un marché international des devises dans le cadre d'un système de changes dits flottants ou flexibles.



Définitions de "Économie monétaire et financière"

La monnaie est au cœur du fonctionnement de nos sociétés. Elle y occupe une place à la fois centrale et particulière. Centrale, car toute transaction se règle en monnaie, qu'il s'agisse d'un achat de consommation, d'une opération de crédit, d'une transaction boursière ou du versement d'un salaire. Tout échange économique, qu'il soit réel ou financier - sauf le cas rarissime du troc -, se double donc d'un échange monétaire. Mais la monnaie est également un « objet » économique à part. Elle n'est en effet ni un bien de consommation (elle n'est pas directement source de satis­faction pour le consommateur), ni un bien d'investissement (elle ne rapporte rien).
La monnaie peut ainsi se définir comme étant fondamentalement un bien d'échange, massivement accepté, immédiatement et sans coût. Elle est « porteuse de choix » : celui qui possède de la mon­naie détient un « pouvoir » d'achat dont il peut disposer à sa convenance, sans coût ni délai (mais symétriquement, celui qui n'en dispose pas est exclu de fait de l'économie de marché). Son prin­cipal intérêt est d'être acceptée par tous, de servir de relation entre les individus, ce qui suppose une confiance réciproque, mais aussi envers l'institution qui émet la monnaie. La monnaie consti­tue donc également un des « mécanismes » essentiels du lien social. Mais une autre propriété originale de la monnaie, dès lors qu'elle n'est plus métallique mais fidu­ciaire et scripturale, réside dans son coût de production qui est totalement négligeable au regard de sa valeur. Aujourd'hui la plus grande partie de la masse monétaire est ainsi constitué par de simples jeux d'écritures au sein des banques et entre les banques. Les mécanismes de la « production » de ce bien particulier qu'est la monnaie n'ont donc que peu de points communs avec les ressorts qui gouvernent la production des biens et services. En effet en accordant un crédit, une banque met immédiatement à la disposition de son client un certain montant moné­taire qui n'existait pas auparavant.

.../...

Se référer à l'histoire permet ainsi d'appréhender plus facilement les trois questions, de la plus concrète à la plus abstraite, que se pose l'économiste quant à la nature de la monnaie (nature au sens de « l'ensemble des caractères fondamentaux qui définissent un être ou une chose ») ;
- Quels sont les supports de la monnaie? (nature formelle) : les trois millénaires d'histoire de la monnaie enseignent qu'aucun objet n'est monnaie en soi et que les diverses formes monétaires ne renvoient pas seulement à une évolution des techniques mais aussi à des différences de régimes monétaires (entendus comme les règles d'émission et de gestion de la monnaie).
- A quoi sert la monnaie? (nature fonctionnelle) : traditionnellement, on attribue à la monnaie trois fonctions instrumentales : de compte, de paiement, de réserve. Or ces trois fonctions ne sont pas indissociables, car elles ne sont apparues ni simultanément, ni à travers les mêmes supports monétaires, et en remplissant des « services publics », impliquent une responsabilité particulière de la part de la collectivité.
- Quelles sont les propriétés de la monnaie? (nature conceptuelle) : la monnaie a toujours impliqué « une foi et une croyance sociale » (F. Simiand) car elle relie les contemporains mais aussi le passé, le présent et l'avenir. Il s'agit d'une règle sociale qui exprime et conforte les valeurs globales de la société. Dès lors toute crise monétaire ne peut être que le reflet d'une crise de société.

.../...

LA MONNAIE COMME INSTRUMENT : LES 3 FONCTIONS DE LA MONNAIE

Depuis Aristote, l'approche la plus traditionnelle du fait monétaire considère la monnaie comme un simple instrument ayant pour rôle de faciliter le fonctionnement de l'économie de marché :
- en rendant plus simples les calculs comptables;
- en évitant les problèmes inhérents au troc ;
- en permettant un transfert intertemporel de pouvoir d'achat.

1 - LA FONCTION D'UNITÉ DE COMPTE : LA SIMPLIFICATION DE L'INFORMATION

La monnaie est tout d'abord « un langage chiffré commun » qui va permettre de comparer la valeur de biens hétérogènes. Elle a ainsi un rôle de simplification de l'information pour les agents économiques.

La seconde possibilité est de créer une unité de compte abstraite qui sera un simple mot (le « franc », par exemple), dont le prix par convention est 1 .
Bien évidemment, plus l'économie est complexe, c'est-à-dire plus la variété de biens échangés est importante, plus l'utilisation d'une unité de compte viendra faciliter l'acquisition d'informations.

Dans une économie de marché où les prix sont des signaux essentiels pour la rationalité des décisions des offreurs et des demandeurs, puisque ce sont eux qui vont engendrer une allocation optimale des ressources, l'existence d'une unité de compte est donc primordiale, même si paradoxalement sa forme, concrète ou abstraite, est, elle, sans importance. Par contre son efficacité en termes de fluidité de l'information sera d'autant plus grande si :
1) son champ d'application est le plus large possible. Plus la communauté qui usera de cette unité de compte sera nombreuse - soit parce qu'il s'agit de l'unité monétaire légale, soit parce qu'elle est la plus commode -, plus fort sera le potentiel d'informations de ce référentiel;
2) le choix de l'unité de compte est durable. En effet l'unité de référence a une certaine prégnance sur les esprits, voire marque à vie la population (ainsi l'ancien franc). Dès lors, un changement d'unité de compte ne peut que ralentir, au moins temporairement, la vitesse de calcul des agents économiques.


2 - LA FONCTION D'INTERMÉDIAIRE DES ÉCHANGES : UN PALLIATIF DES PROBLÈMES DU TROC

Le second rôle de la monnaie est de servir de moyen de paiement. Elle est un instrument de règlement d'une transaction ou d'extinction d'une dette. On dit que la monnaie a un pouvoir libératoire

3 - LA FONCTION DE RÉSERVE DE VALEUR : UNE EXPRESSION TROMPEUSE

La monnaie offre également la possibilité d'être accumulée en vue de consommations différées, ou d'un échange contre un autre actif au bout d'un certain temps. Cependant le report de ressources d'une période à l'autre sous une forme monétaire est loin d'être idéal :
- sa détention ne rapporte rien, contrairement à la plupart des autres actifs réels (biens de production, immobilier) et financiers (actions, obligations...);
- sa valeur se déprécie au rythme de l'inflation* (sauf s'il s'agit de monnaies métalliques).
Il n'y aurait donc dans une économie moderne que peu d'incitations à conserver de la monnaie dans une perspective de réserve de valeur. Autrement dit la monnaie n'est à cet égard qu'un très médiocre instrument, ce qui conduit la plupart des économistes contemporains - et quelle que soit l'école de pensée à laquelle ils appartiennent - à réviser cette expression de réserve de valeur. La monnaie serait plutôt un instrument de réserve de précaution contre l'imprévu et de réserve commode pour les transactions courantes.

4 - MONNAIE DE COMPTE, MONNAIE DE PAIEMENT, MONNAIE DE RÉSERVE

Cette triade des fonctions n'est cependant pas nécessairement indivisible. Ces services peuvent être assurés simultanément par une seule monnaie, ou être dissociés entre diverses monnaies « monofonctionnelles ».

.../...

LA MONNAIE COMME RÈGLE SOCIALE : TOUTE MONNAIE EST « PURE CONFIANCE »

L'approche instrumentale en termes de services rendus occulte cependant une autre dimension essentielle de la monnaie, la confiance dans son acceptation unanime, à la fois dans le présent et dans le futur : « Si, pour une raison quelconque, une substance donnée (bétail, alcool, coquillage) commence à être utilisée en tant que monnaie, le public, y compris les végétariens ou les abstinents ou ceux qui mettent en doute son utilité intrinsèque, commence à lui attribuer une valeur. Aussi longtemps que des biens peuvent être achetés ou vendus contre cette sub¬stance, le public consentira à s'en servir pour ses achats et ses ventes. Que ce soit paradoxal ou non, la monnaie est acceptée parce qu'elle est acceptée ! » (P. Samuelson, L'Économique, édition de 1982, tome 1, p. 384).

1 - « UNE MONNAIE EST ACCEPTÉE... PARCE QU'ELLE EST ACCEPTÉE »

2 - LES FONDEMENTS DE LA CONFIANCE EN LA MONNAIE

« La confiance dans la monnaie met en scène trois logiques étroitement articulées : la confiance hiérarchique, la confiance méthodique et la confiance éthique » (Aglietta et Orléan, La monnaie souveraine, 1998, p. 24).

a. La confiance méthodique

La confiance méthodique opère sur la sécurité des relations de paiements au quotidien, tant entre agents économiques « de base » (entreprises, ménages) qu'entre agents financiers.

b. La confiance hiérarchique

Ce second niveau de la confiance repose sur un rapport accepté de subordination qui permet de surmonter les aléas du quotidien. Une instance supérieure (le seigneur, l'État, la banque centrale) va énoncer les règles d'usage de la monnaie,
garantir les moyens de paiement, protéger les créanciers et représenter une voie de recours en cas de non-respect des règles monétaires.

c. La confiance éthique

Le point de vue éthique peut être différent selon les sociétés : respect des tradi¬tions ancestrales, respect de la loi de Dieu, respect des castes ou des ordres ou, dans la majorité des sociétés occidentales actuelles, respect des droits de la personne humaine, posé comme un principe universel. Mais dans tous les cas, il existe un lien étroit entre la permanence des valeurs sociales et la confiance en la monnaie.

d. « L'ambivalence de la monnaie »

Selon Michel Aglietta, la nécessité, pour le bon fonctionnement du système monétaire, de la présence simultanée et ordonnée des trois formes de confiance précitées permet alors de définir la monnaie comme une règle sociale, c'est-à-dire à la fois :
- une convention : la règle fait l'objet d'une acceptation spontanée, elle s'auto-réalise. Aucune autorité n'est nécessaire car son respect résulte d'une même rationalité pour tous. Il en est ainsi par exemple de la conduite à droite. De même il est de l'intérêt de tous de parler un langage commun dans la vie courante mais aussi dans le domaine monétaire, Le. d'utiliser une unité de compte commune;
- et une institution : la règle requiert ici une autorité extérieure pour fonctionner, d'où la nécessité d'une contrainte. Ainsi l'impôt sert l'intérêt collectif mais du fait de l'intérêt individuel à frauder, de se comporter en « passager clandestin », il est rationnel pour tous de rendre obligatoire son paiement. De même « nul ne peut payer avec sa propre dette », la monnaie repose sur le principe de souveraineté, de hiérarchie.



Que dit la FED de Chicago ?


MODERN MONEY MECHANICS A Workbook on Bank Reserves and Deposit Expansion

Introduction

Le but de cette brochure est de décrire les processus de base de la création de monnaie dans un système bancaire à "réserve fractionnaire". L'approche illustre les changements dans les bilans des banques qui se produisent lorsque des dépôts dans les banques sont modifiés en conséquence de l'action de la politique monétaire par la Réserve fédérale - la banque centrale des États-Unis.
Les relations indiquées sont basés sur des hypothèses simplificatrices. Par souci de simplicité, les relations sont présentées comme si elles étaient mécaniques, mais elles ne le sont pas, comme il est décrit plus loin dans la brochure. Ainsi, elles ne devraient pas être interprétées comme impliquant une relation étroite et prévisible entre une transaction spécifique de banque centrale et la quantité de monnaie.
Les pages d'introduction contiennent une brève description générale des caractéristiques de la monnaie et comment le système monétaire des États-Unis fonctionne. Les illustrations dans les deux sections suivantes décrivent deux processus: d'abord, la façon dont les dépôts bancaires se dilatent ou se contractent en réponse à des changements dans la quantité de réserves fournies par la banque centrale, et, deuxièmement, comment ces réserves sont affectées par les actions de la Réserve fédérale et d'autres facteurs. Une dernière section traite de certains des éléments qui modifient, au moins dans le court terme, la simple relation mécanique entre les réserves des banques et la monnaie de dépôt .

La monnaie est une telle part routinière de la vie quotidienne que son existence et son acceptation sont généralement pris pour acquis. Un utilisateur peut donner sens au fait que la monnaie doit venir en étant soit une conséquence automatique de l'activité économique ou comme une conséquence de certaines opérations du gouvernement. Mais comment cela se produit demeure trop souvent un mystère.



Qu'est-ce que c'est la monnaie?
Si la monnaie est considéré comme un simple outil utilisé pour faciliter les transactions, il ne faut considérer que les intermédiaires qui sont facilement acceptés en échange de biens, de services, et d'autres actifs. Beaucoup de choses - des pierres aux cartes de baseball - ont servi à cette fonction monétaire à travers les âges. Aujourd'hui, aux États-Unis, la monnaie utilisé dans les transactions est de trois types - la monnaie (papier-monnaie et pièces dans les poches et les sacs du public), les dépôts à vue (ne portant pas intérêt et de contrôle des comptes dans les banques) ; et d'autres dépôts contrôlables, […] Les chèques de voyage sont également inclus dans la définition de la monnaie de transactions . Depuis que 1 $ en devises et de 1 $ en dépôts sur lesquels les chèques peuvent être tirés sont librement convertibles l’un envers l’autre et les deux peuvent être utilisés directement pour les dépenses, ils sont de la monnaie au même degré. Toutefois, seules les espèces et les soldes non bancaires détenus par le public sont comptés dans l'offre de monnaie. Les dépôts de l'US Treasury, institutions de dépôt, les banques étrangères et des institutions officielles, ainsi que les encaisses des banques sont exclus.

Ce concept des opérations de monnaie est celui désigné comme M1 dans les statistiques monétaires de la Réserve fédérale. Les notions plus larges de la monnaie (M2 et M3) incluent M1 ainsi que d'autres actifs financiers (comme l'épargne et des dépôts à des institutions de dépôt et les parts de fonds communs de placement du marché monétaire), qui sont relativement liquides, mais représentent principalement des investissements aux yeux de leurs titulaires et non que des moyens d’échange. Bien que les fonds puissent assez facilement être déplacés entre les soldes et les transactions de ces autres actifs liquides, le processus de création de l'argent se fait principalement par le biais de comptes de transactions. Dans le reste de ce livret, "monnaie" désigne M1.

La répartition entre les espèces et le dépôt de monnaie dépend en grande partie des préférences du public. Lorsque le déposant encaisse un chèque ou effectue un retrait d'argent par le biais d'un guichet automatique, il ou elle a réduit le montant des dépôts et augmente la quantité de monnaie fiduciaire détenu par le public. Inversement, lorsque les gens ont plus d’espèces que ce qui est nécessaire, certains sont retournés aux banques en échange des dépôts.

Bien que les espèces sont utilisée pour une grande variété de petites transactions, la plupart des paiements en dollars dans notre économie sont effectués par chèque ou par transfert électronique entre les comptes de dépôt. En outre, la monnaie est une partie relativement réduite de la masse monétaire. […]


Qu'est-ce qui rend intéressant la monnaie?
Aux États-Unis ni le papier-monnaie, ni les dépôts ont une valeur de base. Intrinsèquement, un dollar est un morceau de papier, les dépôts une écriture comptable. Les pièces ont une valeur intrinsèque en tant que métal, mais généralement beaucoup moins élevé que leur valeur nominale.

Mais alors, qu’est ce qui fait de ces instruments - chèques, papier-monnaie, pièces de monnaie - acceptables à leur valeur nominale dans le paiement de toutes les dettes monétaires et à d'autres utilisations? Principalement, c’est la confiance qu’ont les gens qu'ils seront capables d'échanger cette monnaie à d'autres actifs financiers, de biens immobiliers et de services, lorsqu’ils choisissent de le faire.

L'argent, comme tout le reste, tire sa valeur de sa rareté par rapport à son utilité. Des biens ou des services ont plus ou moins de valeur parce qu'il y a plus ou moins de leur montant par rapport à la demande. L'argent est l'utilité de sa capacité unique à la commande d'autres biens et services et de permettre à un détenteur d'être constamment prêts à le faire. Combien d'argent est exigé dépend de plusieurs facteurs, tels que le volume total des transactions dans l'économie à un moment donné, les paiements des habitudes de la société, le montant d'argent que les particuliers et les entreprises veulent garder la main pour prendre soin d'inattendu transactions, et le bénéfice d'exploitation a renoncé avoirs financiers sous forme d'argent plutôt que de certains autres actifs.



Christian Gomez
Extraits d'un document passionnant
“Les contributions de Maurice Allais à la Science économique”, Maison des Sciences Economiques, PHARE – GRESE Paris I, le 24 juin 2009
QU’EST-CE QUE LA MONNAIE ? LES COURANTS CONTEMPORAINS ET MAURICE ALLAIS
que vous pouvez télécharger en totalité sur http://www.oeconomia.net/private/recherche/gomez2009.pdf
ou ICI


L’augmentation des moyens de paiement dans l’économie : les deux formes historiques et la confusion monnaie-crédit

Du point de vue de la création monétaire et de la génération de pouvoir d’achat ex nihilo dans l’économie, la présentation d’Allais s’articule autour de deux axes.


D’abord, une réflexion sur les formes qu’a prise la création monétaire dans l’histoire afin de cerner l’essence même de ce processus. C’est ainsi qu’il montre que l’augmentation des moyens de paiement a pris deux formes depuis l’origine des banques, qui n’ont pu se développer que grâce à une caractéristique essentielle des systèmes bancaires : statistiquement, il y a compensation entre les entrées et les sorties d’espèces (ou de monnaie banque centrale) et une partie seulement de la monnaie en circulation donne lieu à des paiements interbancaires dans une monnaie que les banques commerciales « classiques » ne peuvent pas créer (les espèces métalliques à une certaine époque, la monnaie « banque centrale » dans les systèmes monétaires modernes):

- Première forme : le prêt de sommes que la banque ne possède pas car résultant de dépôts d’espèces (pour des raisons de sécurité et de commodité) considérés par leurs détenteurs comme immédiatement disponibles.
C’est ainsi que les premières banques, comme la Banque d’Amsterdam par exemple, ont effectué leurs opérations de prêts à l’insu de leurs clients et donc dans le plus grand secret, de crainte que tout ébruitement de cette « malversation » ne conduise à des retraits intempestifs auxquels la banque ne pourrait faire face en raison de l’immobilisation de son actif. Dans ce cas, l’augmentation des moyens de paiement résulte du fait qu’il y a duplication car, au même moment, deux agents économiques considèrent les mêmes sommes comme immédiatement disponibles et établissent leurs projets de dépenses en conséquence.

- Deuxième forme : La création de monnaie ex nihilo par simple jeu d’écritures, la banque prêteuse se reconnaissant débitrice vis-à-vis de l’agent emprunteur des sommes prêtées contre la promesse de rembourser à terme de la part de ce dernier.

Comme l’emprunteur a besoin de ces sommes pour dépenser et que celles-ci vont se retrouver à l’actif d’autres agents économiques, l’augmentation de la dépense globale est évidente et immédiate ceteris paribus.

Ces deux formes fournissent une grille de lecture incomparable du processus de génération du pouvoir d’achat par le crédit bancaire, quelles que soient les époques, y compris celle d’aujourd’hui.

La deuxième idée directrice est que l’évolution monétaire et la génération du pouvoir d’achat dans l’économie dépendent essentiellement du mécanisme du crédit bancaire.

Elles vont donc être soumises à deux aléas : Le désir des Banques de prêter et l’envie des agents économiques non bancaires d’emprunter. Or, ces deux propensions vont dépendre de l’appréciation de la conjoncture par les uns et par les autres. Quand l’ambiance générale tourne à l’optimisme, les banques vont chercher à prêter autant que possible à des emprunteurs avides de « nouvelle monnaie » pour investir, consommer,…spéculer.
Au contraire, quand l’atmosphère générale de l’économie devient plus lourde, les banques peuvent devenir plus réticentes à prêter face à des emprunteurs eux-mêmes devenus plus timorés, voire totalement inhibés. Ce système crée donc une instabilité potentielle du système économique et c’est cette confusion de la monnaie et du crédit qui en est la seule cause.





Brieuc nous propose:

Sinon, je te (vous) propose (à tous) aussi cette définition de la monnaie : une représentation symbolique, conventionnelle et durable de la valeur d'un travail.

La représentation symbolique de la valeur d'un travail nous amène immédiatement à établir, de manière logique et déductive, une première fonction de la monnaie: c'est un moyen d'échanger le travail de l'un (symbolisé par la monnaie qu'il porte) contre le travail de l'autre (désormais démuni du fruit de ce travail, mais porteur de la monnaie qui le symbolise).

La représentation conventionnelle de la valeur d'un travail nous amène, pour sa part, à déduire là encore de manière très logique, une seconde fonction de la monnaie: c'est une unité de compte. La valeur d'un travail se mesure par référence à celle, conventionnelle, de la monnaie qui le symbolise.

La représentation durable de la valeur d'un travail enfin, nous permet d'établir une troisième fonction de la monnaie: c'est une réserve de valeur. L'acquisition du symbole de la valeur conventionnelle d'un travail permet d'acquérir le fruit d'un autre travail de valeur conventionnellement identique à un moment indéterminé dans le futur, et ce même si le fruit du travail initialement échangé contre les symboles monétaires a d'ores et déjà disparu (le pain du boulanger a été mangé à Pâques, mais la pièce contre laquelle il l'a vendu n'est dépensée qu'à Noël)

Espérant que ce petit laïus nous permette à tous d'avancer sur la définition de la monnaie, et d'éviter de démarrer de travers dans nos discours, par exemple en tentant de définir la monnaie par ses fonctions (cas courant dans de nombreux ouvrages). C'est une erreur, car il est impossible de décrire un objet par ses fonctions (le décrire comme "ce à quoi il sert" plutôt que comme "ce qu'il est").



Pour Allais..

la construction d’un agrégat le plus représentatif possible du concept de « monnaie » et donc le choix des actifs entrant dans sa composition doivent s’appuyer sur un critère précis qui ne peut être que de nature psychologique : «A mon avis, du point de vue économique, la quantité de monnaie dont dispose un opérateur est la part de son actif qu’il considère (à tort ou à raison) comme susceptible de lui permettre d’effectuer ses paiements sans délai et sans restriction. Si on adopte cette définition, la masse monétaire qu’il y a lieu de considérer pour l’analyse des phénomènes monétaires est la somme des actifs qui sont considérés comme susceptibles d’être utilisés pour effectuer des paiements sans délai et sans restriction» (Allais, 1975, p120)
Cette définition conduit à sélectionner les différents actifs dont dispose un individu par rapport à leur « substituabilité » aux dépôts à vue (et, accessoirement aujourd’hui, à la monnaie fiduciaire), l’actif liquide et disponible par excellence. Si un agent considère qu’un actif donné peut être placé/investi car non nécessaire pour équilibrer les flux de trésorerie prévus à l’instant de la prise de décision, mais peut être mobilisable en cas de besoin sans coût « exorbitant » et sans risque trop « important », soit en tirant des chèques sur lui, soit en le faisant facilement virer sur le compte à vue , soit en obtenant en contrepartie des « facilités de caisse » (prêts contre collatéral mis en garantie), il va réduire d’autant ses dépôts à vue. Il vient donc que pour chaque type d’actifs, il est possible de définir un «coefficient de substituabilité» à l’encaisse, noté s * dans les articles d’Allais, qui donne la proportion de l’actif que chaque individu considère comme « mobilisable » rapidement. Bien entendu, ce coefficient égal à 1 pour la monnaie fiduciaire et les dépôts à vue, sera d’autant plus proche de l’unité que l’actif sera mobilisable dans des délais réduits et avec des coûts de transaction modérés. Pour les actifs les plus illiquides, il se rapprochera bien sûr de 0 : «En tout état de cause, le coefficient de substituabilité pour chaque actif dépend des intentions et des jugements des opérateurs. C’est donc essentiellement un coefficient de nature psychologique qui ne peut être déterminés que par l’étude du comportement des détenteurs [de ces actifs]» (Allais, 1975, p. 121)