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Voir également le glossaire de la Banque Centrale Suisse (SNB) et celui de Vernimmen

Administrations publiques :
- les administrations centrales, c’est à dire l’Etat (budget général, comptes spéciaux du Trésor, budgets annexes) et les " organismes divers d’administration centrale " (ODAC). Plusieurs centaines d’établissements de statut public ou privé, dont notamment la CADES, l’EPFR (structure de défaisance du Crédit Lyonnais), l’ANPE, le CNRS, le CNASEA, le CEA, les Grandes Ecoles, les musées nationaux, sont regroupés sous cette dénomination. Le critère de classement d’un organisme dans la sphère des administrations publiques n’est pas son statut juridique, mais la structure de son compte d’exploitation (part des charges courantes financée par des recettes marchandes).
- les administrations publiques locales, qui regroupent les organismes ayant une compétence géographique limitée : collectivités locales, établissements publics locaux, les organismes consulaires, les caisses des écoles, et tous les organismes publics ou parapublics financés majoritairement par les collectivités locales.
- les administrations de Sécurité sociale, c’est à dire l’ensemble des régimes obligatoires de Sécurité sociale (Régime général, régimes d’assurance chômage, régimes complémentaires de retraite et régimes de prévoyance, régimes indépendants et agricoles, régimes spéciaux de salariés), ainsi que les organismes financés par ces régimes (oeuvres, hôpitaux publics et privés participant au service public hospitalier et financés par dotation globale).


Argent : Nous évitons d'utiliser ce terme imprécis, car il signifie aussi bien la monnaie fiduciaire que la monnaie scripturale ( j'ai de l'argent dans mes poches et j'ai de l'argent sur mon compte) ... d'ailleurs "Le Robert" ne s'y trompe pas en définissant l'argent comme " toutes sortes de monnaie (métallique, scripturales, papier-monnaie). Par extension : ce qui représente cette monnaie. ". Néanmoins, on peut utiliser ce terme "argent" pour définir des moyens de paiement immédiatement disponibles, c'est à dire "M1" qui représente les pièces, les billets et les dépôts à vue (compte courant)

Article 104 du Traité de Maastricht (article 123 du Traité de Lisbonne) : Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales", d'accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales,aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.
Ce qui signifie en clair que les États sont obligés de financer leurs investissements sur les marchés financiers, en augmentant leur dette et particulièrement celle due aux intérêts qu'ils ont à payer

Bad Bank : Une bad bank récupère les actifs bancaires dont la revente est la plus difficile et dont la décote est la plus forte, permettant ainsi à la banque de rééquilibrer son bilan.
Elle est adossée à une institution unique (le CDR pour le Crédit Lyonnais), ou à plusieurs si nécessaire.

Bilan : Qu'est ce qu'un bilan ? Voir page Bilan

Carry trade : C'est une méthode de spéculation consistant à profiter d'un différentiel de taux d'intérêt. Il suffit alors d'emprunter massivement une devise dont le taux d'intérêt est faible et de réinvestir cette somme dans une devise ayant un taux d'intérêt supérieur. Ainsi l'intervenant gagne la différence entre les taux d'intérêt.

Compensation : La monnaie créé par les banques commerciales ne restera pas nécessairement sur les dépôts à vue de ses propres clients et servira en partie à effectuer des paiements vers d'autres banques. Les différents réseaux bancaires compensent chaque fin de journée les soldes respectifs, en monnaie banque centrale.
En principe ce qui se passe sur le marche interbancaire est très simple:
+ chaque jour, les banques ont des excédents ou des déficits les unes par rapport aux autres apres la compensation générale de tous les virements et chèques qui ont été tirés sur elles.
+il faut donc que les déficitaires règlent les soldes aux excédentaires par virement entre leurs comptes dans les livres de la banque centrale.
+ il faut donc que ces comptes soient suffisamment approvisionnés en monnaie banque centrale (comptes dans les livres de la BC).
+ pour ce faire:
-elles peuvent se prêter entre elles;
-la BC peut intervenir pour eviter que les taux ne divergent de ses objectifs s'il y a trop ou pas assez (open market),
-il est possible pour les banques d'emprunter directement auprès de la BC, technique longtemps utilisée du réescompte d'effets publics ou prives.

Les banques créent les dépôts a vue par les opérations de crédit, mais les besoins générés en monnaie de base (monnaie banque centrale) est le régulateur du systeme. Entre elles, les banques ne se rencontrent que par l'intermédiaire de leurs comptes a la banque centrale et cette monnaie la, elles ne peuvent pas la créer globalement par un jeu d'écritures. Il faut approvisionner ces comptes dans une monnaie qu'elles ne peuvent pas créer.
Individuellement, toutes choses égales par ailleurs, elles ne peuvent s'en procurer temporairement que par emprunt auprès des autres banques ou par cession d'actifs. Globalement, la BC veille par ses opérations d'open-market a ce que le marche monétaire (en monnaie centrale) soit alimente sans a-coups.

Pour en savoir plus sur la compensation

Créance : La créance est le droit en vertu duquel une personne, une entreprise ou une banque qu'on appelle le créancier (appelé aussi le prêteur) peut exiger des droits sur un bien d'un débiteur qui peut être une personne ou une entreprise.

Dépôt à terme : Le Compte à terme ou dépôt à terme a une durée fixée à l'avance et rapporte un intérêt à condition que le client titulaire du compte ne retire pas l'argent avant l'échéance (fixée entre un mois et deux ans).
Le Compte à préavis est une variante selon laquelle l'argent ne peut être récupéré par le client titulaire du compte sans perte d'intérêts, si celui-ci n'annonce pas son retrait suffisamment à l'avance.
Le Plan d'Épargne est affecté à la constitution d'épargne pour un objectif spécifique.

Dépôt à vue : Un dépôt "à vue" est un dépôt dont les fonds peuvent être retirés partiellement ou totalement à tout instant.(ex : compte chèque) .
Le compte courant traditionnellement appelé « compte chèque », est un compte dont non seulement l'argent peut être retiré à tout moment mais qui est également destiné à servir de pivot aux paiements (voir moyen de paiement), aux encaissements et aussi aux mouvements de fonds avec les autres comptes. Ce compte est parfois assorti d'une autorisation de découvert permettant que son solde soit temporairement négatif à concurrence d'un plafond de débit autorisé.
L’interdiction de la rémunération des dépôts à vue à été levée en France le 16 mars 2005,

Dette de l'Etat : total des engagements financiers de l’Etat. Elle résulte du cumul des besoins de financement de l’Etat, c’est-à-dire de la différence, année après année, entre ses produits (recettes fiscales, produits de privatisations, etc.) et ses charges (dépenses budgétaires, prises de participation, etc.).
Il existe une dette négociable, c’est-à-dire contractée sous forme d’instruments financiers échangeables sur les marchés financiers (obligations et bons du Trésor) et une dette non négociable, correspondant aux dépôts de certains organismes (collectivités territoriales, établissements publics, etc.) sur le compte du Trésor et qui constitue, elle aussi, un moyen de financement de l’Etat.

Dette des administrations publiques (au sens du Traité de Maastricht) mesure l’ensemble des engagements financiers bruts des administrations publiques (APU), à l’exception des crédits commerciaux et des décalages comptables. Il s’agit d’une dette brute, ce qui signifie que les avoirs financiers des APU (dépôts monétaires du Trésor auprès de la Banque de France, pensions, participations de l’Etat, placements en valeurs mobilières des caisses de retraite) ne viennent pas en déduction de celle-ci. La dette Maastricht est mesurée en valeur nominale et non en valeur de marché. Elle est consolidée, ce qui signifie qu’elle exclut les dettes contractées entre APU, notamment les dépôts des collectivités locales auprès du Trésor public.

Emplois : Les emplois bancaires sont l’ensemble des affectations des ressources bancaires: financement, charges….

Escompte : une opération de crédit par laquelle le banquier met à la disposition de l'entreprise porteuse d'un effet de commerce non échu, contre remise de cet effet, le montant de l'effet diminué des intérêts et des commissions.
Autre définition: L"escompte" est une opération de crédit. L'escompte financier, consiste, pour une banque ou pour un établissement financier à accepter de consentir une avance à un client, dont le montant, sous déduction d'un agio et de commissions, est égal au prix des marchandises représenté par des effets de commerce que ce dernier endosse au profit de la banque. Lorsqu'avant leur échéance la banque qui a pratiqué l'escompte remet ces mêmes effets de commerce, à une banque centrale, cette opération de refinancement se nomme un "réescompte".
On peut parler ici de "monétisation" d'effet de commerce
(Note: Il existe aussi un autre type d'opération commerciale, également dénommé escompte, c'est l'escompte dit de règlement. Il consiste en une réduction de prix accordée par un fournisseur de marchandises, à un de ses clients, soit, pour tenir compte d'un paiement comptant, soit, pour tenir compte de l'importance de la commande, soit pour fidéliser leurs relations commerciales.)


Externalités : coûts que les gens imposent aux autres sans payer le prix, tels que les problèmes d'encombrement par la circulation et la pollution.

Fuites : Monnaie centrale que perdent les banques, au profit de ses concurrentes, de la banque centrale ou du public ( les soldes de compensations interbancaires fonction de sa part de marché et des crédits qu'elle émets, les réserves obligatoires demandées par la Banque Centrale, et surtout la transformation des dépôts de ses clients en "billets de banque" qu'elles sont tenues d'assurer)


Garantie des dépôts : Si votre banque adhère au Fonds de Garantie des Dépôts en France, en cas de défaillance de sa part, vos dépôts seront remboursés à la hauteur maximum de 100 000 euros (depuis le 1/10/2010) par déposant, quelle que soit sa nationalité ou sa résidence. Ce montant s'applique globalement à chaque déposant, sur l'ensemble de ses comptes dans la banque. Si votre compte est un compte joint chacun des co-titulaires est considéré comme un déposant. Au-delà du plafond, l'indemnisation relève de la procédure de liquidation de l'établissement. Il existe quelques dépôts non couverts par le Fonds de Garantie : les bons de caisse anonymes, les certificats de dépôt et les dépôts en devises autres que celles de l'Espace Economique Européen (comme par exemple : dollars, yens ou francs suisses).

Glass-Steagall Act ou Banking Act : Instauré en 1933 aux États-Unis, il a :
- instauré une incompatibilité entre les métiers
a) de banque de dépôt (commercial banking, en anglais), activités de prêts et de dépôts,
b) de banque d'investissement (investment banking, en anglais), activités d'opérations sur titres et valeurs mobilières.
- créé le système fédéral d'assurance des dépôts bancaires;
- introduit le plafonnement des taux d'intérêt sur les dépôts bancaires (la Regulation Q).
Battu en brèche depuis le milieu des années 1970 et largement contourné par l'ensemble de la profession bancaire, il a finalement été abrogé le 12 novembre 1999.
En savoir plus sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Glass-Steagall_Act

Illiquide : L'inverse de "liquide" ; impossibilité ou délai important de transformer des actifs "illiquides" en actifs liquides (monétaires par exemple, tels que les montants dans M1)

Insolvabilité d'une banque : Voir l'explication sur la page discussion http://monnaie.wikispaces.com/message/view/Lexique/12716279

Liquidité : La liquidité d'un marché financier représente la capacité à acheter ou à vendre rapidement les actifs qui y sont cotés sans que cela ait d'effet majeur sur les prix. Plus un marché est liquide, plus il est aisé, rapide et peu coûteux d'y réaliser des transactions.
Les masses monétaires sont classées par ordre décroissant de liquidité.
Un placement est dit liquide s'il est rapidement et facile­ment transformable en moyens de paiement sans risque de perte en capital

Marché interbancaire : lieu d'échange de monnaie banque centrale entre établissements de crédit dont certains sont "sous-liquides" et d'autres "sur-liquides" (la liquidité s'entends en "monnaie centrale")

Mesures non conventionnelles : Les banques centrales mettent en œuvre des mesures non conventionnelles lorsque les canaux de transmission de la politique monétaire ne fonctionnent plus de manière satisfaisante.
• augmenter massivement la quantité de monnaie en circulation dans l’économie. On parle alors de “quantitative easing”(assouplissement quantitatif ) ;
• agir sur la pente de la courbe des taux en s’engageant sur la trajectoire future des taux directeurs de façon à orienter les anticipations des agents ;
• débloquer les marchés de crédit en achetant directement des titres sur ces marchés afin de peser sur les primes de risque. On parle dans ce cas de “credit easing” (assouplissement des conditions de crédit).
Pour plus de précisions: Banque de France: Les mesures non conventionnelles de politique monétaire et Banque de France: Les mesures non conventionnellesde politique monétaire face à la crise, et Natixis : Que sont vraiment les "politiques monétaires non conventionnelles ?

Monnaie / argent : voir la page spécifique "Qu'est ce que la monnaie"

Monnaie centrale : Dite aussi "monnaie de base" : pièces et billets de banque (monnaie fiduciaire) + réserves des banques commerciales dans ses comptes

Monétiser : droit des banques de transformer "quelque chose" en monnaie et procéder ainsi à l’introduction de nouveaux moyens de paiement dans l’économie (créaton monétaire). Ce "quelque chose" peut être reconnaissance de dette, une hypothèque, un actif existant, etc.
Démonétiser corresponds à une destruction de moyens de payements (lors du remboursement d'un prêt par exemple)

Ratio de solvabilité : Rapport prudentiel imposé par les règles dites de "Bâle 2 " aux banques, entre leurs fonds propres et montant de leurs prêts (affectés de coefficients suivant la qualité de ceux-ci). Il est imposé aux banques de disposer de fonds propres d'au moins 8% des prêts qu'elles font (ce qui corresponds à un ratio de solvabilité de l'inverse de 8%, soit 12,5).
Plus précis:
Depuis le 1er janvier 2008, les banques européennes sont soumises aux accords dits "Bâle II". Ils distinguent différentes catégories de prêts aboutissant à des exigences de fonds propres elles aussi différentes : prêter de l'argent à l'État français est en effet beaucoup moins risqué que de prêter de l'argent à un ménage pour du crédit à la consommation. Plus les banques prennent de risques, plus elles doivent disposer de fonds propres importants. C'est une évolution majeure par rapport au premier accord de Bâle, toujours en vigueur aux États-Unis, où le niveau de fonds propres exigibles dépendait quasiment uniquement du niveau d'encours de crédits et pas du risque associé. Cette logique incitait plutôt les banques à privilégier les prêts les plus risqués, aux rendements plus élevés.

Le cadre de Bâle II offre aux banques la possibilité de calculer le risque de différentes manières . Dans tous les cas, cette pondération des actifs en fonction du risque associé permet d'obtenir ce qu'on appelle la base de capital qui détermine le niveau de fonds propres nécessaire à une banque donnée. Ce rapport est fixé par les ratios de solvabilité. Le ratio dit "core Tier 1" utilise la définition la plus restrictive des capitaux propres, c'est-à-dire uniquement le capital apporté par les actionnaires et les réserves résultant de l'activité bénéficiaire passée. Le minimum réglementaire de fonds propres est de 4 % de la base de capital .


Pour en savoir plus: http://www.fimarkets.com/pages/ratio_solvabilite_mcdonough_cooke.htm et http://fr.wikipedia.org/wiki/ B%C3%A2le_II

Refinancement : se dit dans le cas des banques lorsqu'elles se fournissent de la monnaie centrale (monnaie de base) auprès de la Banque Centrale
(plus de précisions sur le site "Macroéconomie" de J.B. )

Réserves obligatoires / Coefficient de réserves obligatoires (Voir: http://www.banque-france.fr/fr/poli_mone/regle_poli/oeuvre/page1c.htm ) :
1 - Les caractéristiques principales du système de réserves obligatoires, sont les suivantes :
- Sont incluses dans l'assiette des réserves les exigibilités correspondant à des « dépôts », « titres de créance » et « instruments du marché monétaire », (libellées en euro et/ou devises, à l’égard de résidents et ou non résidents) telles que définies dans le cadre du dispositif de la BCE relatif à la collecte des statistiques monétaires et bancaires.
- Les exigibilités interbancaires entre établissements eux-mêmes assujettis au système de réserves obligatoires et les exigibilités vis-à-vis des autres banques nationales participantes et de la BCE sont exclues de l’assiette des réserves.
- La BCE applique
a) un taux de réserves positif (actuellement 2 %) aux «dépôts à vue», «dépôts à terme d’une durée inférieure ou égale à deux ans», «dépôts remboursables avec un préavis inférieur ou égal à deux ans», et aux «titres de créances d’une durée initiale inférieure ou égale à deux ans» (Note: l'ensemble des dépôts formant la "masse monétaire M3")
b) un taux zéro de réserves est appliqué aux « pensions », aux « dépôts assortis d'une échéance convenue supérieure à deux ans » et aux « titres de créance assortis d'une échéance convenue supérieure à deux ans » ; (Note: ces dépôts n'entrent pas dans la composition de M3 et ne sont donc pas "de la monnaie")
2 - les réserves obligatoires sont rémunérées à un niveau correspondant à la moyenne du taux d’intérêt marginal des opérations principales de refinancement de l’Eurosystème sur la période de constitution, pondérée par le nombre de jours de la période.
Les réserves excédentaires ne sont pas rémunérées.
Les insuffisances de constitution de réserves sont sanctionnées à 2,50% au-dessus de la moyenne du taux de la facilité de prêt marginal au cours de la période de constitution. Ce taux passe à 5% en cas d’insuffisance répétée.

Note: Les réserves obligatoires sont des "fuites" pour une banque.

Ressources : Les ressources bancaires est l’ensemble des dépôts bancaires pour une banque donnée.

Taux directeurs. Il en existe trois :
- le taux des dépôts : ce taux détermine à quelle hauteur vont être rémunérés les dépôts des institutions à la Banque centrale ;
- le taux d'escompte : il concerne les prêts à très court terme (quelques jours) et est déterminé précisément lors de fenêtres d'escompte pendant lesquelles les Banques centrales vont proposer des liquidités aux autres institutions. A noter que la BCE appelle ce taux "le taux de prêt marginal" ;
- le taux de refinancement : c'est lui le plus médiatique des taux directeurs. Il détermine le coût de l'argent pour les établissements qui veulent se refinancer.

Stérilisation des rachat de dette publique par la BCE
(en attendant un résumé, un article du Monde:

La BCE poursuit son programme de rachat d'obligations publiques

LEMONDE.FR | 02.12.10 | 18h05 • Mis à jour le 02.12.10 | 18h18

Les déclarations récentes de Jean-Claude Trichet avaient pourtant alerté les marchés, nourrissant les spéculations sur une hausse de ses taux.AP/Yves Logghe
La Banque centrale européenne (BCE) a confirmé, jeudi 2 décembre, la prolongation de mesures destinées à ramener à la raison des marchés financiers rendus fébriles ces derniers jours par les craintes sur les dettes souveraines des pays européens les plus touchés par la crise, au premier rang desquels l'Irlande et le Portugal.
Depuis mercredi, un calme précaire semble être revenu sur les Bourses européennes, et les taux obligataires se sont détendus, signe d'une relative confiance vis-à-vis de la capacité de Jean-Claude Trichet, président de la BCE, à prendre les mesures qui s'imposent. Parmi elles, le maintien du taux directeur à un niveau historiquement bas (1 %) et des prêts d'un montant illimité à taux fixe pendant trois mois, jusqu'en mars 2011.
INJECTION DE LIQUIDITÉS
Par ailleurs, Jean-Claude Trichet a confirmé la poursuite du programme, amorcé en mai au plus fort de la crise grecque, de rachats d'obligations publiques, sans toutefois préciser les montants envisagés. Peu orthodoxe de la part d'une banque centrale, cette mesure s'apparente à une politique d'assouplissement quantitatif – le fameux "quantitative easing" pratiqué par la Réserve fédérale (Fed) aux Etats-Unis, et tant critiqué de part et d'autre de l'Atlantique. Avec une différence de taille : pour empêcher le gonflement de la masse monétaire et le risque inflationniste, la BCE, contrairement à la Fed, a pris le parti de stériliser ses opérations d'injection de liquidités. Si elle achète des titres pour une valeur de 100, elle diminue d'autant les prêts qu'elle fait aux banques : ceci l'empêche de racheter de trop gros montants mais lui permet d'équilibrer son bilan.
"En temps normal, la BCE achète des titres à court terme : trois semaines, un mois, plus rarement trois mois, explique André Fourçans, professeur d'économie à l'Essec. Mais depuis la crise, la BCE s'est mise à acheter des titres à échéance d'un an, c'est du jamais vu." En terme d'assouplissement monétaire, la BCE se cantonne en principe à une politique de taux bas. Or l'injection de liquidités par le biais d'achats massifs de titres de dettes place la BCE en situation de prêteur en premier ressort, alors qu'elle ne devrait l'être qu'en dernier.
Depuis mai, la BCE a effectivement fait l'acquisition de près de 70 milliards d'euros de titres de dette, essentiellement grecque et irlandaise. "On connaît les quantités, mais beaucoup moins la nature de ces titres, c'est un peu opaque", souligne André Fourçans. Ce programme a pour objectif d'éviter un défaut des économies en difficulté et de rassurer les marchés, qui n'ont de cesse de tester la résistance des pays de la zone euro en spéculant contre les dettes souveraines.
FAIBLE RISQUE INFLATIONNISTE

Tant que la BCE continue à observer ce principe de stérilisation, le risque inflationniste, brandi par le président de la Banque centrale allemande, Axel Weber, reste sous contrôle. Mais s'il y a création monétaire, il devient réel. Dans le cas des Etats-Unis pourtant, cette crainte ne s'est pas réalisée, d'une part car les banques conservent des réserves élevées, d'autre part car une partie non négligeable de la monnaie créée a été placée à l'étranger.
Par ailleurs, la politique d'assouplissement quantitatif n'entraîne pas de création monétaire tant qu'il n'y a pas, en face, une forte demande de crédit de la part des acteurs économiques. Cette demande, qui évolue en fonction de multiples facteurs (liés à la politique économique, à la consommation des ménages…) est actuellement faible.
Pour André Fourçans, les annonces de la BCE sur l'assouplissement monétaire sont effectivement susceptibles de rassurer les marchés, même s'ils ne sont pas dupes du court-termisme d'une telle politique. "Tout ce qui fait baisser les taux plaît aux marchés, en revanche, s'ils anticipent une hausse de l'inflation, leur réaction peut se révéler négative", prévient-il.
Audrey Fournier

Titrisation : (wikipédia) La titrisation est une technique financière qui consiste classiquement à transférer à des investisseurs des actifs financiers tels que des créances (par exemple des factures émises non soldées, ou des prêts en cours), en transformant ces créances, par le passage à travers une société ad hoc, en titres financiers émis sur le marché des capitaux.
Une telle titrisation s'opère en regroupant un portefeuille (c'est-à-dire un lot) de créances de nature similaire (prêts immobiliers, prêts à la consommation, factures mono-thématique, ...) que l'on cède alors à une structure ad hoc (société, fonds ou trust) qui en finance le prix d'achat en plaçant des titres auprès d'investisseurs. Les titres (obligations, billets de trésorerie, ...) représentent chacun une fraction du portefeuille de créances titrisées et donnent le droit aux investisseurs de recevoir les paiements des créances (par exemple quand les factures sont payées, ou quand les prêts immobiliers versent des mensualités) sous forme d'intérêts et de remboursement de principal.