Qui détient les dettes de qui ?


Agence France Trésor


Encours de la dette négociable de l'État (Il s'agit de la seule dette de l’État... la dette au sens de Maastricht est celle de toutes les collectivités publiques)

Au 30 Septembre 2011

Encours total : 1 307 504 808 589 euros

Durée de vie moyenne : 7 ans et 64 jours

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Qui détient la dette de l'État?


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D'après Natixis (23/09/11)

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Le flash Natixis N124 du 24 mars 2010 intitulé " Qui détient les dettes publiques européennes ?" fait le point sur la question:
"Nous tentons ici la gageure, d’estimer le montant et la part des titres de dettes publiques européennes qui sont détenus à l’étranger. Nous regardons leur détention par les principales places boursières et, quand cela est possible, par secteurs. A titre d’exemples, relevés parmi les plus fortes participations, on voit que :
• Les fonds et assureurs français détiennent 16% des titres publics du Portugal, les banques allemandes en ont 13%.
• Les fonds et assureurs français détiennent 8% des titres grecs, les banques allemandes 7,2% et les banques françaises 6,2%.
• Les banques anglaises détiennent 9,6% des titres de dette publique irlandaise, les assureurs et fonds français 8%.
• Les banques allemandes détiennent 9% des titres de dette espagnole.
• Le Luxembourg détient 6% des titres publics allemands, le Japon 5%.
• 43% des titres des Pays-Bas sont concentrés dans les portefeuilles français, allemands et britanniques.
• Etc."

Et l'on trouve le tableau suivant: T3.jpg (clic droit: ouvrir dans une nouvelle fenêtre)

Notre ami Sam, à partir de ce document, a fait le petit calcul suivant:

  • si on considère juste les 5 pays européens + le Japon, seuls pays pour lesquels on a un détail, les banques détiennent déjà :
- 29.6 % de la dette souveraine de l'Irlande
- 26.7 % de celle du Portugal
- 19.3 % de celle de la Grèce
- 17.7 % de celle de l'Espagne
- 17.1 % de celle des Pays-Bas
- 9.2 % de celle de l'Allemagne
- 8.1 % de celle de l'Italie
- 6.6 % de celle de la France
- 3.2 % de celle du Royaume-Uni

Au bilan, les banques des pays listés et pour lesquels on a le détail des types de détenteurs détiennent 9.6 % des dettes souveraines des pays listés.

  • si on considère juste les 4 pays européens + le Japon, pour lesquels on a un détail, les autres institutions financières (privées) détiennent déjà :
- 24.0 % de la dette souveraine des Pays-Bas
- 21.6 % de celle du Portugal
- 18.4 % de celle de la Grèce
- 17.1 % de celle de l'Irlande
- 13.6 % de celle de l'Espagne
- 13.2 % de celle de l'Allemagne
- 9.9 % de celle de la France
- 9.5 % de celle de l'Italie
- 4.3 % de celle du Royaume-Uni

--> Les autres zinzins des pays listés et pour lesquels on a le détail des types de détenteurs détiennent 11.2 % des dettes souveraines des pays listés.

Regardez les classements par pays émetteur (j'ai exprès mis un classement par ordre décroissant), c'est assez parlant, je trouve.
Naturellement, les "PIGS" étant plutôt des "petits pays", la présentation en pourcentages peut être un peu "orientée", mais après tout, elle est légitime.
Au bilan, vu comme ça, on peut dire que les banques, les fonds et les assurances se sont gavées de titres des "PIGS". Pas besoin de chercher loin pour comprendre non seulement qui il s'agit de sauver mais que les zinzins ont instrumentalisé cette affaire depuis le début.
"C'était ça, le système Madoff de l'Union européenne", comme disait l'autre (Bernard Connoly, ex-haut fonctionnaire de la Commission européenne qui en a été éjecté en 1997 après avoir écrit un bouquin intitulé "The rotten heart of Europe"...) : avec l'union monétaire disparaissait le risque de change, les taux obligataires des "PIGS" étaient depuis longtemps tombés au même niveau que ceux de l'Allemagne ou de la France. Et [c'est moi qui ajoute] avec un cadre européen à l'évidence conçu au service des zinzins, jusqu'au bout, à savoir jusqu'à évacuer l'idée du risque de défaut, venait un énorme aléa moral. Et si les PIGS étaient mauvais élèves (tient, on a longtemps chanté le contraire...) on était supposé le savoir depuis longtemps.

Note : les banques japonaises et, dans une moindre mesure les autres zinzins japonais, ne sont pas fous (quid des banques / autres zinzins US ? Ce document ne permet pas de savoir). En tous cas, elles / ils ont des parts assez inversées par rapport aux institutions financières (privées) européennes. Elles / ils détiennent :
- 2.6 % / 1.0 % de la dette souveraine de l'Irlande
- 1.6 % de celle des Pays-bas
- 1.3 % / 3.1 % de celle de l'Allemagne
- 0.8 % : 2.9 % de celle de la France
- 0.5 % / 1.1 % ce celle du Royaume-Uni
- 0.15 / 1.9 % de celle de l'Italie
- à peine 0.1 % / 0.3 % de celle de l'Espagne
- 0% / 2.0 % de celle de la Grèce
- 0% / 1.1 % de celle du Portugal.

Sam


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Patrick Artus dans le « flash » de Natixis, du 27 janvier 2010 N° 31
[http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=51467]
« Globalement, pour l’ensemble de la Zone euro, les achats nets d’obligations par les banques financent en 2009 les déficits publics […]. Quand on regarde la situation pays par pays, on voit que les achats de titres publics par les banques correspondent à peu près au déficit public en 2009, ou même le dépassent en Allemagne, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Belgique, en Finlande […] on voit que dans la très grande majorité des pays de la Zone euro, les déficits publics sont financés par les banques. … »
Comme nous le savons tous, les banques se refinancent à 1% auprès de la Banque Centrale, achètent donc des obligations d'Etat des différentes nations de la zone euro et touchent donc les intérêts entre 3,5% et 7%

Néanmoins l'affirmation qui précède a fait l'objet de la demande de précision suivante auprès de la Banque de France

De : xxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Date d'envoi : mardi 13 avril 2010 08:48
À : C4DOC 1397 INFOS (Unité de Travail)
Objet : {I} Achat d'obligations souveraines par les banques commerciales avec des fonds fournis par la Banque Centrale ?
Bonjour

On lit de plus en plus souvent, sous la plume d'économistes réputés (enfin, je crois) tels messieurs Lordon, Harribey, Sapir, Artus (lequel précise que "Globalement, pour l’ensemble de la Zone euro, les achats nets d’obligations par les banques financent en 2009 les déficits publics […]. Quand on regarde la situation pays par pays, on voit que les achats de titres publics par les banques correspondent à peu près au déficit public en 2009," ), que les banques commerciales bénéficient de fonds à 1% de la part de la Banque Centrale, fonds avec lesquels elles achètent des obligations souveraines qui leur rapportent donc le différentiel avec les taux des OAT ou BTF ou équivalents étranger (entre 3,5% et 7% selon les pays)

Pouvez vous me dire ce qu'il en est réellement?
Est ce exact?

Voici la réponse (et la confirmation) de la banque de France, du 23 avril 2010


Le 23 avril 2010 09:16, <1397-INFOS-UT@banque-france.fr> a écrit :

Engranger le différentiel de taux ne tient que tant que le différentiel est inchangé, or rien ne dit que le taux directeur restera longtemps a 1%.

Un retour à terme vers une politique monétaire moins accommodante rationnera les montants prêtés par l'eurosysteme (actuellement 100% des demandes sont servies).

Au delà les banques devront financer ces achats dans d'autres conditions (plus cher et en quantité limitée) et si ces conditions ne les satisfont plus, sortir de ces positions pourraient entrainer des pertes si les taux montent.

Il n'y aucune contrainte d'investissement avec le cash emprunté à la Banque de France par la participation aux appels d’offre. Les banques choisissent donc librement d'emprunter aux opérations de refinancement des banques centrales, comme elles choisissent librement leurs supports d'investissement.

La répartition pays des injections de liquidité par l'eurosysteme n'est pas publique et c'est faire un raccourci rapide, spécieux et non étayé de dire que, par exemple, les banques françaises empruntent a l'eurosysteme du cash pour acheter des OAT et ainsi financer le déficit public.

Direction de la Communication - Service de la documentation et des relations avec le public/PH/CEY
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