Reformulation de l'article au 07/01/2012

Évolution de la dette publique entre 1995 et 2010

Au plus on remonte dans le temps pour émettre des hypothèses de type « que se serait-il passé si… ?» au plus les écarts et donc les risques d’erreur s’accumulent.

Voyons donc, avec des données récentes et qui ne peuvent être mises en cause, l’évolution de la dette des administrations publiques (État, administrations centrales, administrations de Sécurité Sociale, administrations locales, parfois représentées globalement sous le sigle « APu ») sur la période 1995 – 2010.

Voici un calcul limité aux années 1995 à 2010. [ Note : Pourquoi 1995 ? Simplement parce que ni l’INSEE ni EUROSTATS ne fournissent les données antérieures concernant les soldes primaires des budgets de l’ensemble des APu, (les soldes primaires sont les soldes budgétaires, hors intérêts de la dette) ]

SOLDES PRIMAIRES:

**http://tinyurl.com/44mny9x**

Dette_-_24112011-_0.png

Nous extrayons sous forme d’un graphique les différentes valeurs de soldes primaires

soldes_primaires_1995-2010_.png



BASE DETTE PUBLIQUE APu

Il existe une légère différence entre les données de l’INSEE et d'EUROSTATS concernant la dette publique: nous procédons à la moyenne



Dette_-_24112011-_1.png

QUELQUES CALCULS

Procédons à quelques calculs simples
Colonne 2 : retranscription du tableau de la dette brute des APu ci dessus
Colonne 3 : évolution annuelle de la dette (différence annuelle)
Colonne 4 : cumul de l'évolution annuelle de la dette constatée
Colonne 5 : retranscription chiffrée des données eurostats des soldes primaires
Colonne 6 : cumul annuel de la colonne 5
Colonne 7 : cumul de la dette sans intérêts, en sommant seulement les soldes primaires
Colonne 8 : récapitulatif annuel des intérêts payés (extraits à partir du rapport Champsaur)
Colonne 9 : une dette calculée, somme des intérêts payés et des soldes budgétaires



calculs_1995-2010_.png
On constate une légère différence, (~5%), entre la variation de la "dette officielle" (colonne 4) et la somme cumulée (colonne 9), des 2 termes qui contribuent à la creuser, année après année (c a d déficit primaire + intérêts de l'exercice en cours)
Compte tenu de l'absence de données détaillées (que ce soit sur le site de l'INSEE ou sur celui d'Eurostat), nous avons du rapprocher les chiffres du rapport Champsaur des données globales (INSEE et Eurostat).
C'est l'une des exigences du Collectif pour un Audit Citoyen de la dette publique, que de demander aux organismes responsables, (Bercy et Agence France Trésor notamment), de publier les informations nécessaires à un débat contradictoire de qualité, susceptible de prouver qu'il existe bien des alternatives à "l’austérité pour tous", ou du moins... à "l’austérité pour les 99% soumis à la domination des 1%" !


Ce qui nous permets de transférer sur un graphique les résultats des colonnes 2,9,et 7

dettes_1995-2010_.png


Donc depuis 1995
en « 1 » l’évolution de la « dette publique » soit 1021 Md€,
en « 2 » l’évolution d'une dette calculée par la somme des soldes primaires et intérêts, soit 966 Md€,
en « 3 » l’évolution d’une dette correspondante aux seuls besoins (si nous n’avions pas d’intérêts à payer) soit 7,4 Md€ à fin 2008 et 194,2 à fin 2010, simple transcription des données de cumul des soldes primaires

CONCLUSION

La dette publique a crû de 1021 Milliards d'euros entre 1995 et 2010
La dette publique a crû de 747 milliards d'euros entre 1995 et 2008
Entre ces dates(1995 / 2008) l'accumulation des déficits primaires fût seulement de 7,4 Md€, c’est-à-dire qu'une petite monétisation directe de la Banque de France au bénéfice du Trésor Public d’environ 500 millions d'euros par an (soit 4 jours d’intérêts de la dette publique actuelle) ou une infime augmentation des impôts, aurait suffi à équilibrer les budgets

Si on y ajoute 2009 et 2010, l'accumulation des soldes primaires (variation « théorique » de la dette sans intérêts donc), aurait été de 194,2 Md€

Et certains continuent de soutenir que ce ne sont pas les intérêts de la dette qui sont à l'origine de la dette ?


A-J Holbecq




Ler 13/02/2012

Voyons maintenant ce qu'il en est en "euros constants"

calculs_1995-2010_constant.png

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Calculs sur




Dans "une crise financière suivie d'une récession" (Cahiers Français n°366 janvier février 2012) Sophie Brana arrive aux mêmes conclusions en écrivant: "
L'observation des soldes publics primaires montre que la montée à long terme des déficits publics en Europe correspond entièrement à celle des charges d'intérêts sur la dette. Celles-ci représentaient 0,7 % du PIB sur la période 1961-1973, 3,4% entre 1974 et 1986, 5 % entre 1987 et 1994, 4% entre 1995 et 2007. Avant la crise, en 2007, le solde public primaire dans l'UE était ainsi significativement excédentaire (+2,3%), mais pas assez pour couvrir les charges d'intérêts (+3%) (graphique 1)."


Brana_-_soldes_APu_1993-2010.png


Sophie Brana poursuit "Le PIB ayant baissé de 8,5 % par rapport à la situation d'avant crise, environ 60% de la dégradation budgétaire en Europe serait due aux stabilisateurs automatiques (graphique 1). Le reste de la dégradation proviendrait des politiques de soutien de la demande (20 %) et des mesures de sauvetage du système bancaire (20 %). Aux États-Unis, le solde budgétaire est affecté à parts égales par les stabilisateurs automatiques, les mesures discrétionnaires et les aides au secteur bancaire. Au Royaume-Uni, ce sont les mesures de soutien au système bancaire qui dominent (presque 50% de la dégradation), tandis qu'en France, ce sont les stabilisateurs automatiques, traditionnellement importants compte tenu du poids des dépenses publiques dans le PIB et des dépenses sociales, qui expliquent 85 % de la hausse des déficits. Comme la situation économique devrait rester dégradée quelque temps, les stabilisateurs automatiques continueront à jouer dans les années à venir.
L'accumulation des déficits fait monter la dette publique, dont la dynamique peut aujourd'hui paraître préoccupante."
[...]
L'ampleur des efforts budgétaires nécessaires pour stabiliser ou réduire le taux d'endettement public
Les efforts budgétaires à fournir pour réduire le poids de la dette vont dépendre de l'objectif de dette ciblé, du montant de la dette initiale, ainsi que de l'écart entre taux d'intérêt réel et taux de croissance du PIB. L'OCDE a estimé l'effort budgétaire à fournir à partir de 2013 pour stabiliser progressivement (d'ici 2026) le ratio d'endettement à son niveau de 20104. En moyenne, pour les pays de l'OCDE, le solde budgétaire primaire doit s'améliorer de 6,9 points de PIB entre 2010 et 2026, ce qui correspond à une hausse de 0,5 point chaque année pendant treize ans, entre 2013 et 2026, sous l'hypothèse que les pays suivent les politiques budgétaires annoncées pour 2010-2012. L'amélioration requise est supérieure à 10 points de PIB aux États-Unis et au Japon, entre 6,5 et 8,5 points en Grèce, en Irlande et au Royaume-Uni. Elle est de 2,8 points dans la zone euro (4,4 en France). S'il s'agit de ramener le taux d'endettement à 60 % du PIB (tel qu'il est prévu par exemple dans le pacte de stabilité et de croissance européen), l'effort budgétaire devient bien plus conséquent : 14 points de PIB en moyenne dans les pays de l'OCDE, 14,2 au Royaume-Uni, 18,4 aux États-Unis, 15,9 en Grèce, 10,5 en France et 31 au Japon ! Pour tous ces pays, l'excédent budgétaire primaire à atteindre est supérieur à 10% du PIB, ce qui paraît difficilement réalisable, même sur les treize ans d'ajustement que prévoit l'OCDE.

Plusieurs sources d'incertitude
Aujourd'hui, il existe plusieurs incertitudes par rapport à l'évolution future des dettes publiques. La première est qu'elle dépendra des possibles aides additionnelles au secteur bancaire (recapitalisation ou achat d'actifs financé par endettement public) et de la valeur future des actifs bancaires acquis ou garantis par les administrations publiques (dette contingente). Un audit a ainsi montré que la dette actuelle de l'État en Irlande ne représentait que le tiers de la dette des banques privées à qui l'État a apporté sa garantie. L'expérience des crises bancaires passées révèle que le taux de recouvrement des actifs bancaires est très faible (environ 20 %). Le montant total des garanties d'État atteignait 24,5 % du PIB en Europe en 2010, mais ce montant pourrait augmenter si la crise et la défiance à l'égard du secteur bancaire se poursuivaient.[...]"